LA FUITE DES CERVEAUX COMORIENS

Depuis la nuit des temps, la France reste la destination privilégiée des Comoriens pour une question de réussite de leurs vies. Pendant plusieurs décennies, les Comoriens étaient confrontés à différents problèmes liés à l’éducation. Ces derniers étaient les causes des échecs répétitifs des Comoriens dans le domaine des études. Heureusement la tendance s’est complètement inversée ces derniers temps. Faire des études est devenue primordiales pour la réussite et les Comoriens s’en sont bien rendu compte. Ils ont de plus en plus tendance à faire des études supérieures. Pourtant nos vieux démons ne sont pas pour autant éradiqués. L’immigration traine toujours dans les parages et tourne toujours autour des étudiants. Plusieurs d’entre eux ne terminent pas leur cursus supérieurs une fois que la possibilité de rallier la France se présente. Mais même s’ils terminent les études, ils ont toujours en tête cette destination plutôt que de rentrer directement au Pays. Décryptage d’un phénomène qui n’est pas prêt de s’endiguer.

Les causes sont multiples mais dans l’immédiat, on note que les raisons majeures sont la pauvreté, les familles et le chômage au pays.

En effet, la pauvreté joue un rôle majeur dans la prise de décision d’un étudiant pour terminer ses études ou bien pour tenter l’aventure de la France.  L’étudiant qui bénéficie de conditions précaires dans la poursuite de ses études, a inévitablement envie d’aller en France plutôt que de rester pour terminer sa formation. S’il persévère et qu’il finit ses études, le traumatisme et les conséquences néfastes de sa carrière estudiantine passée dans la précarité, auront raison de son dynamisme. Il finira dans la majorité des cas par tenter la voie de l’immigration même clandestinement. Selon certains, « l’aspect financier et la perspective de donner une vie meilleure à sa famille ne donne pas envie de rentrer. »

diaspora comorienne

En effet, les familles des étudiants jouent un rôle prépondérant et pèsent de tout leurs poids pour que l’étudiant en vienne à privilégie la France au dépend de ses études. Si d’un coté on peut appréhender pourquoi les familles agissent ainsi, d’un autre coté ce procédé reste vraiment une  énigme incompréhensible. Autant on peut concevoir que grâce à la pauvreté des familles, ces dernières pensent qu’une fois en France, l’étudiant peut subvenir le plus rapidement possible à leurs besoins. Autant il est difficilement compréhensible qu’elles ne puissent pas résister pour que l’enfant termine son entreprise après tant d’années de formation.

L’autre raison majeur reste le chômage au pays. Terminer ses études n’offre en rien des garanties de travail. Malgré des discours ici et la pour rassurer la future génération, le manque d’emploi constitue un vrai problème pour ceux qui terminent leurs formations. Dernièrement le vice président s’exprimait devant des étudiants et il avait affirmé que le chaumage ne doit pas constituer un frein pour eux. Que l’Etat est en train de faire le nécessaire pour l’intégration de ces jeunes cadres. Mais ce genre de discours, tous les politiques le font mais hélas, ceux qui sont sur place n’incitent pas à l’optimisme. Ses jeunes cadres se demande « pourquoi rentrer aux Comores alors qu’il y’a zéro emploi, zéro hôpital digne ? »

Alors quelles conséquences pour ces étudiants qui vont en France après avoir terminé ou non leurs études ?

La France ne constitue pas un pays d’étude pour les étudiants Comoriens. En effet, nombreux sont ceux qui partent avec un visa étudiant. Ces derniers sont les plus chanceux puisque en moyenne, ils ont le bénéfice du doute d’une durée d’une année académique. Durant cette première année, les familles les mettent dans les bonnes dispositions. Une fois la seconde année commencée, l’étudiant doit soit se débrouiller pour subvenir à ses besoins liés à sa formation, soit abandonner carrément pour aider la famille. Les problèmes commencent désormais. Selon un témoignage implacable, certains étudiants révisent leurs cours sous les éclairages publics parce qu’à la maison, la lampe ne peut pas rester allumer au delà de 22h.Ils ont droit à une douche par jour et ceux qui ne sont pas avec leurs parents biologiques sont obligés de faire le travail de la maison, (garder les enfants, les amener à l’école avant d’aller les reprendre, faire le ménage…) avant de penser à leurs études. Dans tous les cas, presque la totalité de ses étudiants subissent des échecs cuisants. Les possibilités de renouvellement de leurs séjours s’évaporent et ils finissent par se marier pour ne pas rester dans la clandestinité.

Ceux qui ont terminé avant d’y aller ne sont guère enviables. Ils ont généralement des boulots indignes de leurs différentes qualifications. Hélas, ils ne peuvent pas quitter la France parce qu’ils ne veulent pas passer pour des perdants aux yeux des Comoriens.

Toutes ces personnes ont un point commun qui est le regret. Discuter avec eux, ils expriment sans aucune ambigüité leurs amers regrets.

Mais faut-il vraiment les blâmer ?

Sachant que la Corruption gangrène l’Etat, que le chômage continue de s’accroitre, que les boulots sont réservés à ceux qui ont des puissantes interventions, que les grèves ralentissent le processus d’éducation, que la pauvreté augmente à une croissance exponentielle, que même ceux qui travaillent ont un salaire de misère, qu’aucune action gouvernementale ne priorise l’avenir des jeunes diplômé, qu’en somme rien absolument rien ne marche aux Comores.

Med Youssouf /journaliste Comores infos

2 commentaires sur LA FUITE DES CERVEAUX COMORIENS

  1. je partage pas cette information et ne conforme pas de la réalité du jour et c’est tout le contraire car ces dernières années on assiste un retour des cadres comoriens formés en France et qui ont même travaillé durant 10 à 12 ans dans des grandes boites françaises et qui sont retournés au bled pour ouvrir leurs boitent et concurrencer les boites existantes. je peux vous parler de l’association des chefs d’entreprise de la diaspora aux comores denommé GUCED. plus de vingtaines des chefs d’entreprises ou entrepreneurs de la diaspora qui ont envahit les marchés comoriens. le contenu de cet article parlent des étudiants qui sont en france, ce n’est pas la fuite de cerveaux que les autres pays africains parlent.

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