La jeunesse comorienne, une vraie force politique

Dans les trois iles comoriennes les jeunes occupent la place la plus importante dans la pyramide des âges selon les données communiquées. Les données récentes démontrent que 54.8% de la population comorienne est composée essentiellement de personnes âgés entre 15 et 64 ans, 56 % des habitants ont moins de 20 ans avec un taux de croissance démographique d’environ 2 %. (Source : (EDSC-MICS II)).

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Ces chiffres posent la problématique fondamentale de l’implication des jeunes dans les sphères politiques et la prise des décisions. La jeunesse cherche à s’impliquer et se place aux devants de la scène politique.

L’idée que les jeunes seraient éloignés de la politique et ne feraient preuve que de peu d’intérêt à son égard est assez largement répandue. Cette thèse ne reflète pas la réalité. Il est vrai que la jeunesse accorde peu de crédit à nos instances représentatives et à la classe politique en général, une attitude qui ne se distingue pas de la confiance brisée de la population à la chose politique. Plusieurs jeunes leaders préfèrent œuvrer dans le développement communautaire et le bénévolat que de s’engager en politique.

Le constat est que, lors des dernières élections, plusieurs jeunes ne se sont pas recensés, car ils sont de moins en moins, que les aînés, dans des mouvements que ce soit de contestation, des fédérations, ou des partis politiques même si ils se disent concernés par les problématiques économiques et sociales.

Selon la dernière parution de Filipp Boeck sur l’Introduction au thème « Faire et défaire la société : enfants, jeunes et politique en Afrique », il a affirmé que les jeunes ne sont pas encore considérés comme des catégories sociopolitiques significatives et indépendantes, ils peuvent être cibles et victimes, exploités et abusés, mais ils peuvent tout aussi bien être combattants, activistes et entrepreneurs, ou encore rebelles, hors-la-loi et criminels. »

Pourtant l’histoire politique nous prouve le contraire : plusieurs « écoles » politiques ont existé et formé les leaders d’aujourd’hui : On a connu le FD, le FORUM, le RDR, … Mais le constat est simple : Les anciens politiciens sont partis en laissant un vide et ne constituant pas de structures et de personnages pouvant assurer le relais. Nous pourrions citer entre autres Moustoifa Said Cheikh, Mohamed Halifa, Mzé Soulé Elbak, qui étaient des « élites et qui ont bénéficié d’un encadrement politique. Aujourd’hui certaines de ces formations politiques n’existent plus et la continuité politique n’existe car aucun des grands politiciens ne s’est préoccupé à former les élites de demain.

Tandis que, de nos jours nous sommes plus informés, plus critiques et plus exigeants à l’égard de la classe politique, nous sommes toujours pessimistes et moins engagés, nous nous mobilisons dans le cadre d’actions collectives et intervenons souvent de façon spectaculaire sur la scène publique.

Simultanément il serait inconcevable de parler politique sans y impliquer automatiquement la jeunesse comorienne, même si certains se laissent encore embobiner faute de niveau culturel politique ou d’instruction, par les critères de choix familiaux ou des promesses politiques mirobolantes. Les jeunes ne développent pas un rapport indifférencié à la politique. Si les jeunes votent moins que leurs aînés, ils sentent pleinement concernés sur les grands sujets de société. Nous devons être des acteurs, que ce soit dans l’environnement politique que social, se battre pour demeurer au premier rang de la mobilisation collective en affirmant notre solennel engagement pour un changement global.

Akram Said Mohamed

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