La justice britannique accepte l’appel d’Abou Qatada contre son extradition vers la Jordanie

Abou Qatada arrive devant la SIAC, en avril.

La « Commission spéciale des recours concernant l’immigration » (Special Immigration Appeals Commission, ou SIAC), chargée des dossiers sensibles liés à la sécurité nationale, a donné raison lundi à l’islamiste Abou Qatada, qui faisait appel contre son extradition vers la Jordanie, pays qui le réclame pour son implication présumée dans un complot terroriste.

« Nous sommes convaincus que la ministre de l’intérieur […] n’aurait pas dû refuser de révoquer l’ordre d’extradition. Cet appel est donc accepté », a indiqué la SIAC. Celle-ci avait examiné pendant une semaine en octobre le cas de l’islamiste que le Royaume-Uni tente d’extrader depuis près de dix ans.La Jordanie souhaite rejuger Abou Qatada, qui avait été condamné dans ce pays par contumace en 1998 à quinze ans de travaux forcés pour la préparation d’attentats.

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a dans un premier temps bloqué son extradition, estimant que des preuves obtenues sous la torture pourraient être retenues contre lui lors d’un procès en Jordanie. Mais le gouvernement jordanien a assuré qu’il aurait droit à un nouveau procès équitable s’il était extradé par le Royaume-Uni. La CEDH a finalement donné en mai son feu vert à l’extradition.

UNE DÉCENNIE DE PROCÉDURE

Abou Qatada, âgé d’une cinquantaine d’années, vit depuis 1993 au Royaume-Uni et a passé la majeure partie de ces sept dernières années en détention, même s’il n’a jamais été inculpé pour des faits commis dans ce pays. Le Royaume-Uni a extradé en octobre un autre islamiste, Abou Hamza, vers les Etats-Unis, qui le réclamaient pour « activités terroristes », à l’issue d’une saga judiciaire de huit ans.

Selon des chiffres du gouvernement britannique, les tentatives infructueuses d’extrader Abou Qatada qui est toujours détenu ont coûté en frais de justice depuis dix ans près d’un million de livres. A ces frais s’ajoute le coût de son incarcération en prison de haute sécurité ou de son maintien en résidence surveillée pendant cette décennie, qui est estimé à plus de 3 millions de livres.

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