La mairie de Moroni cadenassée par ses employés

 

Employés en grève de la Mairie de Moroni

Les employés de la mairie de Moroni qui exercent dans les marchés se sont révoltés. Ils réclament le paiement de 3 mois d’arriérés de salaires. Et ils trouvent injuste que l’exécutif de l’île paie une moitié du personnel.

Cela fait 3 mois que les employés de la commune de la capitale exerçant dans les marchés n’ont pas vu la couleur de leurs salaires. Et pour marquer leur mécontentement, ils ont empêché les autres employés de la mairie d’entrer dans leurs bureaux. Ils ont cadenassé la porte centrale et y ont érigé un barrage. « On a un problème de salaire des mois d’octobre, novembre et décembre. On veut être payés dans les plus brefs délais et avec la totalité des mois », déclare Ahamada Rachid, gardien au petit marché de Moroni.

L’action de ce mercredi marque l’échec des négociations que ces employés avaient entamé avec les responsables de la commune. Des discussions qui avaient laissé croire aux grévistes qu’ils seront payés « avant noël ». Mais malgré les promesses, la situation n’a pas changé. «On a décidé de la fermer et on est prêt à mourir pour notre cause. À tour de rôle, les responsables sont venus raconter des bobards. Ils croyaient que la date n’allait pas arriver », poursuit ce gardien, très en colère. Il ajoute qu’ « avant-hier, un membre de la mairie avait dit qu’on serait payé avant le 31 de ce mois ».

Les employés grévistes ont décidé d’agir car ils sont convaincus que les fonds pour les payer existent. Pour eux, l’argent récupéré dans les marchés suffirait pour les payer. Selon eux, « chaque jour, le petit marché fait rentrer 50 000 FC et le marché de Volo-Volo verse 80 000 FC sans compter les tables. Chaque semaine, ces tables génèrent plus de 250 000 FC de recettes », affirme le sergent chef Mago qui officie au petit marché de Moroni.

Une donne est venue compliquer la situation. Depuis le 15 novembre dernier, le gouvernorat de l’île autonome de Ngazidja a suspendu la vente des tickets au petit marché de Moroni. « Ce que nous ne comprenons pas, le gouvernorat de Ngazidja paie les agents de la voirie et pas nous. C’est injuste. On n’est pas prêt à subir cette situation », avance, Magellan, un autre employé.

En guise de réponse à cette fronde, le maire de Moroni a demandé aux employés de partir voir le gouverneur de l’île. « Je suis avec vous pour vos revendications et on va rester ensemble jusqu’à trouver une solution à votre problème », lance Mahamoud Fakridine. Mais Ngazi-Ngomé n’est pas prêt à les recevoir. Le groupe est resté dehors jusqu’au moment de boucler cette édition. À côté de cela, la mairie de Moroni avait fait les états de salaires et les a envoyés au gouvernorat. « La faute incombe entièrement au gouvernorat. Nous, on a fait de notre mieux, mais c’est eux qui bloquent », précise-t-il. Pour trouver une solution à ce conflit, l’exécutif de l’île a décidé d’examiner les revendications ce jeudi.

Mohamed Youssouf

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