La mort prématurée de la lutte contre la corruption !!!

Quelles sont les responsabilités des uns et des autres dans ce chantier considéré comme mesure phare de la tournante du président IKILILOU DHOININE ? La légèreté de ses membres serait-elle à l’origine de cet échec ? Qui sont réellement les artisans de ce boycott ? Y aurait-il une main mise de Beit Salam sur les  » initiatives » de la Commission anti-corruption ? Voilà tant de questions parmi tant d’autres que chacun se pose face à la mort prématurée de la lutte anti-corruption dont les  »obsèques » officielles sont en cours.

Au regard des événements liés aux différents détournements de l’argent public, on a l’impression que le pays  »manque » d’autorité et tout serait permis. Cet espoir né au lendemain de l’entrée spectaculaire du président Ikiliou au palais de Beit Salam, dont le premier geste est de s’attaquer à la lutte anti-corruption, semble dissiper dans l’esprit des comoriens, et les événements nous donnent raison. A cet instant même, personne n’est capable d’énumérer les raisons de cette mort prématurée de la lutte anti-corruption, même si les observateurs de la vie politique de notre pays, essaient tant bien que mal à éclairer l’opinion sur les causes de cet échec. Il ne faut pas sortir de l’ENA ou SCIENCES PO PARIS pour comprendre d’abord que si aujourd’hui, la lutte anti-corruption n’existe que par son nom, c’est parce que, ceux qui ont lapidé les caisses de l’Etat et qui ont été aussi complices, se trouvent aujourd’hui aux côtés d’Ikiliou, et comment contribuer à leur chute ? Ils passent presque leur temps à berner le président IKILILOU DHOININE et creuser sa tombe.

La Commission anti-corruption n’est qu’un club de  » chanceux », ramassés ici et là, soit pour leurs affinités politiques ou familiales, pour dévorer à leur manière les délices du pouvoir. Ils sont payés au rang de ministres ( Kodo Bo Baya ), bénéficient les mêmes privilèges et passent leur temps à boire du café et courir derrière leur dotation de carburant. Aucun de ses membres n’est capable de  » tuer » une fourmi, et encore moins  » allumer » le moindre feu, pour agir dans la mission qui est la leur. Nés tous sous une bonne étoile, chacun mange de son côté ce que le destin lui a destiné. Oh que c’est beau !

Or, ce ne sont pas les dossiers qui manquent à ces  » gâtés » de la nature pour prouver leur existence. A peine investi, ce club d’amis, de fidèles, est interpellé sur le dossier du projet habitat, citoyenneté économique, L’ancien ministre des finances de Sambi, et ancien président du Conseil de l’Île de Ngazidja, Hassani Hamadi, a demandé à la justice de l’entendre comme témoin assisté sur l’argent du projet habitat, étant lui-même, acteur principal dans ce dossier. A l’assemblée nationale, des députés courageux, ont tiré la sonnette d’alarme sur la disparition de la loi sur la citoyenneté économique.

Personne n’est en mesure aujourd’hui de déterminer le nombre de passeports vendus par sambi avec la complicité d’Abou Achirafi, ni donner un chiffre exact sur le butin récolté à partir de la citoyenneté. Et, pendant tout ce temps, les heureux élus de la commission anti-corruption, continuent à percevoir leurs salaires et indemnités, et les escrocs sont tranquilles dans leurs coins.

La Commission anti-corruption, lui revient de droit, compte tenu de ses prérogatives de fouiller sur des dossiers lourds, dont les conséquences s’avèrent néfastes quant à l’avenir de la société, mais en vain.

Les dossiers Snpsf et Comores Télécom, dont les montants détournés dépassent 1 milliard 600 millions de nos francs. On peut dire que le dossier est dans les mains de la justice, mais n’était-il pas grand temps de tirer les leçons d’un pouvoir bâti sur des magouilles et des détournements, dont on paie tous aujourd’hui les conséquences ? Elle est où la Commission anti-corruption ? Certains disent qu’elle a  » perdu » le GPS Comorien, et perd le contrôle.

Se taire devant cette bêtise qui nous a conduit dos au mur, serait une grande trahison à l’égard d’un peuple digne, trahi et humilié, bâillonné par les voyous à l’origine de l’opération suicidaire de la citoyenneté économique. Face à cette escalade, les auteurs qui ont détruit les preuves de ces détournements, devraient être déjà en prison, malheureusement, ce n’est pas le cas, car ces voyous ont leurs protecteurs au sommet de l’Etat. On dispose aujourd’hui de documents accablants qui devraient être diffusés, pour que les comoriens se préparent moralement de cette descente aux enfers.

AHMED DJOUMOI

COMORES

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