Là où Sambi a raison et là où il a tort à propos de la constitution

N’étant pas juriste et spécialiste du droit constitutionnel comorien, je me garderai bien d’entrer dans des détails et des nuances sur lesquels même les concepteurs n’arrivent pas à se mettre d’accord. Je me bornerai à donner un point de vue de citoyen sur cette constitution qui a introduit « la fameuse tournante aux Comores ». Je ne reviens pas sur les circonstances ( que tout le monde connait) qui ont conduit à sa mise en place mais sur le bilan de cette constitution 15 ans plus tard? Devrions-nous continuer sur cette voie de la tournante?

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Ngazidja a eu son Président, Anjouan, Mohéli et nous voilà au début d’un nouveau cycle de 15 ans. Et les Grands Comoriens, en tout cas, ceux qui aspirent à diriger le pays, clament haut et fort que c’est encore à leur tour, comme s’il s’agissait d’aller goûter à un gâteau auquel chacun aurait droit à une part. Bientôt, ce sera au tour des Anjouanais et des Mohéliens qui vont s’empresser d’aller prélever à nouveau leur part de ce gâteau.

Il y a deux énormes tromperies dans cette folie institutionnelle et instituée.

– La première est que ce n’est pas le peuple comorien, dans sa majorité, qui profite de cette course au gâteau, et qui encourage à le partager ainsi. En effet, que la présidence soit tournante ou pas tournante, rien dans le quotidien de ce peuple n’a changé. A qui profite donc ce crime?

-La deuxième tromperie est que « ce crime constitutionnel » profite en vérité aux classes dirigeantes, avides de pouvoir, et qui s’efforcent de maintenir à tout prix cette « imbécillité » dans l’espoir de pouvoir accéder un jour à la magistrature suprême. Car comment un Iklilou aurait pu accéder à ce poste sans cette tournante? Je ne dis pas cela parce qu’il est Mohélien mais parce que d’autres Mohéliens valent beaucoup mieux que lui à l’échelle nationale. Le maintien de cette constitution n’est donc pas pour le bien du peuple mais pour le bien de ceux qui y voient une petite chance de régner un jour et cela en passant, si je puis dire, par la petite porte.
On sait très bien qu’à l’échelle nationale, certains candidats Wangazidja n’ont aucune chance aujourd’hui. Alors, « ngaridjohufa pvanu lewo cha yinu nde turu yahatru ».

LES MEILLEURS D’ENTRE NOUS N’ONT AUCUNE CHANCE

Cette constitution a la particularité de demander au peuple comorien de mettre comme « nahudha » (capitaine) dans leur boutre en danger, TOTO alors qu’IBUN ASWIYA est peut-être là. TOTO doit piloter ce boutre même si l’on sait qu’il en est incapable, même si l’on sait Qu’IBUN ASWIYA, le meilleur d’entre nous, le ferait mieux. Cette image montre l’hérésie, la stratégie mise en place pour exclure les enfants Comoriens capables « à un moment précis » de présider à la destinée de notre pays. Car comment peut-on admettre que (par exemple) mon ami Halassi Abdoul de Mohéli doit attendre 15 ans après Ikililou pour se présenter aux élections présidentielles? Comment peut-on dire à mon ami idjabou Bakari: « Certes, tu es le meilleur d’entre nous mais tu vas attendre 20 ans, jusqu’au prochain tour des wangazidja?
Nous ne sommes plus dans une question politique, mais seulement de bons sens.

SAMBI A RAISON ET IL A TORT.

Sambi, d’après les dires, souhaiterait se représenter aux prochaines élections présidentielles. Les uns pensent que la constitution lui en donnent la possibilité et les autres pensent le contraire suivante cette logique « séparatiste ».

D’un côté, si Sambi arrive à trouver les arguments juridiques qui lui permettent de se présenter, cela serait, en tout cas pour moi, une très grande victoire au nom de notre pays. En effet, cela marquerait la fin de cette constitution ou tout au moins, de son interprétation actuelle. Cela n’a rien à voir avec un soutien quelconque à Sambi. Il aurait même mieux valu que ce soit un autre Anjounanais qui tente ce coup de poker.

D’un autre côté, Sambi a tort. Il a tort dans la mesure où il avait absolument la possibilité de changer les choses pendant sa présidence. Il aurait pu proposer un référendum au peuple comorien, il aurait pu faire disparaitre cette constitution. Et qu’a-t-il fait? RIEN. Cela signifie qu’il l’approuvait. Pourquoi aujourd’hui, cette même constitution lui semble mauvaise?

AU FINAL.
QUI EST LE PLUS GRAND PERDANT DANS CETTE FOLLE HISTOIRE?

Wadjih Abde

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