La politique du médicament : enjeux de la centrale d’achat et accès à des médicaments de qualité

 

Le cadre légal et réglementaire de la nouvelle structure à mettre en place, les objectifs, le bilan de la Pharmacie nationale autonome des Comores (Pnac), la situation actuelle et les perspectives incluant la disponibilité et le contrôle de qualité/prix… Ce sont, entre autres choses, les points abordés au cours de l’atelier sur la politique du médicament, organisé à Moroni samedi.

Initiée par la Fédération comorienne des consommateurs (Fcc), la session animée par le docteur Mourchid Mohamed, ancien secrétaire général du ministère de la Santé, et le Dr Saïd Hassani Mohamed, a été axée sur des modules devant permettre de comprendre l’enjeu de la centrale d’achat que beaucoup des Comoriens semblent n’avoir pas encore assimilé. Cela tenant compte du fait qu’une nouvelle loi dispose qu’une centrale d’achat doit être créée au 1er janvier 2013 pour remplacer la Pnac, dissoute et en cours de liquidation.

Selon le président de la Fcc, l’objectif de la création de la Pnac était de faciliter l’acquisition de médicaments de qualité et à un prix abordable aux citoyens. “Aujourd’hui, notre mission est de savoir si le consommateur trouvera son médicament, à quel prix et si le médicament est de bonne qualité. Ainsi, nous avons invité les experts du domaine pour nous éclaircir sur le sujet et savoir surtout quels sont les enjeux de la nouvelle centrale d’achat“, a présenté Mohamed Saïd Abdallah Mchangama.

Le docteur Mohamed Mourchid a montré que la problématique des médicaments était permanente, évoquant une série de manquements à la mise en oeuvre de la politique pharmaceutique lancée en 2003. D’après lui, la coordination, la supervision et le suivi n’étaient pas mis en oeuvre. L’ancien Sg du ministère de la Santé a également évoqué la rupture fréquente des médicaments, la faible disponibilité des médicaments essentiels (43% seulement à l’époque était disponible), l’importation non contrôlée, la vente illicite, la disparité des prix de vente avec des marges bénéficiaires très élevées. Mais la préoccupation première reste l’accès constant de la population à des médicaments de qualité, sûrs, efficaces, accessibles géographiquement et financièrement et correctement utilisés.

Pour sa part, Dr Saïd Hassani Mohamed a axé son intervention sur les missions de la Pnac qui étaient, entre autres, d’assurer la disponibilité financière et géographique des médicaments essentielles génériques de qualité. L’ancien patron de la Pnac a rappelé, en outre, que 80% des médicaments de la Pnac étaient importés et que 20% étaient produits localement. “La Pnac, qui avait un chiffre d’affaires de onze millions en 1994, est passée à six cent vingt millions en 2006, puis a rechuté à cinq cent vingt millions en 2007. Mais depuis 2008, il n’y a pas de document qui le montre“. Ce chercheur associé au Cndrs a estimé que l’absence de Conseil d’administration avait eu un impact négatif sur l’évolution de la Pnac. M

ais tout n’a pas été négatif, selon l’ancien directeur. “LaPnac était un bon instrument“, a-t-il jugé, précisant que “le bilan était aussi mitigé à cause des dérives rectifiables, malgré de nombreuses recommandations issues des multiples missions d’audit et d’appui à la Pnac“. L’ancien directeur de la Pnac croit dur comme fer qu’au lieu de déclarer officiellement la faillite de la Pnac, il aurait fallu opérer autrement. “Cinq rapports montrent que la Pnac fonctionne bien, mais qu’il suffirait de rectifier. Le fait de déclarer sa faillite est tout simplement un échec“, a-t-il jugé.

Les conférenciers ont fait un bref aperçu de la nouvelle structure à mettre en place, dénommée centrale d’achat des médicaments essentiels génériques de l’Union des Comores (Camuc), ouverte à plusieurs catégories de personnes.

 

Source: Alwatwan
Asa

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