la situation au rouge à l’approche du ramadhwani à la Ma-mwe

Le ballet Petrolines-Al sharif, en ce mois de mai à Moroni, n’aurait, finalement, rien donné face à la situation au rouge à laquelle semble se rapprocher le producteur public d’électricité, Ma-mwe. D’une part, les coûts des travaux contenus dans le mémorandum, signé entre Ma-mwe et le groupe soudanais Petrolines et dont l’objectif était d’arriver à des résultats à partir du mois de juillet prochain, seraient jugés trop onéreux.

Après leur présentation, le chef de l’Etat, Ikiliou Dhoinine, a demandé une révision (lire notre édition du 1er mai 2012). De l’autre, l’accord dit de “partenariat officiel détaillé“ qui devrait être trouvé entre le gouvernement comorien et le groupe saoudien, Al sharif, semble être suspendu à la “nécessaire révision“ recommandée par la Banque mondiale par rapport au précédent accord sur un “projet d’électricité“ aux Comores signé entre les autorités comoriennes et le groupe privé saoudien (lire notre édition du 14 mars 2012).

“Nous sommes toujours en négociation avec Al sharif qui s’est d’ailleurs montré ouvert aux propositions de la Banque mondiale, notamment sur la question de la transparence en matière d’appels d’offres pour l’acquisition des pièces. Toutefois, il faut préciser que jusque-là ce qui est signé avec le groupe saoudien n’est qu’un accord d’intention“, a précisé le secrétaire permanant de la Cellule des reformes et économiques et financières (Cref), Abou Oubeidi Mze chei, qui dirige les discussions avec les équipes de l’institution de Bretton Woods sur ce dossier.

A l’approche du ramadhwani, et malgré les quelques révisions menées, ici ou là, par les groupes soudanais et saoudien, la puissance de production de Ma-mwe poursuit sa chute libre, qui étaient descendue, ces derniers temps, au niveau critique de 6 mégawatts. Aujourd’hui, apprend-t-on des services de l’établissement public, la puissance disponible est de 9 mégawatts, après révisons partielle par Alsahrif et Petrolines, sur une puissance installée de 15,6 mégawatts pour Ngazidja (13 mégawatts de puissance demandée).

A Mwali, pour 1 mégawatt installé, on en est à 800 Kva disponibles. A Ndzuwani, avec 6 mégawatts de puissance installée, seuls 4 mégawatts sont disponibles. Partout on se démène pour éviter le black-out total durant ce mois sacré. A Beit-Salam, le chef de l’Etat aurait déjà reçu à deux reprises, Guy Ramahany Mandimby, du groupe Semlex, pour parler entre autres, semble-t-il, de l’urgence énergétique actuelle.

Selon les services de communication de haut lieu du pouvoir, “à l’approche du mois sacré du ramadhwani, l’eau et l’électricité sont les principales préoccupations du président de la République“. Rappelons qu’en 2009 pour répondre à l’urgence du “mois sacré”, un contrat de location-vente de groupes électrogènes avait été signé entre le groupe belge et l’Etat comorien. Un contrat qui, on se souvient, avait suscité quelques remous à causses des échéances et surtout de l’état des groupes acquis par l’entreprise publique.

De son côté, après avoir convoqué les préfets et les maires des différentes régions, le directeur général de Ma-mwe, Saïd Ahmed Cheikh Salah-Eddine, s’apprêterait à recevoir, demain, les ulemas et l’Organisation patronale, cette fois, pour sensibiliser sur l’accord trouvé avec les maires, qui se seraient engagés à mener campagne auprès de leurs administrés pour qu’ils acceptent de payer leurs arrières de factures.

L’année dernière, le pari de fournir de l’électricité partout dans les trois îles durant le mois de ramadhwani avait été tenu grâce à un fort engagement du gouvernement, du distributeur d’électricité, et de la société des Hydrocarbures. Mais à quel prix? Il fallait, par jour, 45.000 litres de gazole pour faire tourner les centrales au niveau de Ngazidja, 15.000 litres pour Ndzuwani et 5.000 litres pour la centrale de Fomboni à Mwali.

Pour l’achat du fuel, selon toujours la cellule des études économiques et financières, cela demandait, par exemple, 84 millions de francs par semaine pour alimenter seulement les centrales situées à Ngazidja durant cette période. Enfin, le seuil de 98 milliards de francs atteint par les importations en Union des Comores en 2011, montrant l’intérêt qu’ont pris le secteur des importations au détriment de la production locale touchée de plein fouet par le manque d’électricité, exigerait des solutions à long terme pour sortir une fois pour toute de cet impasse énergétique.

 

 

Source: alwatwan
Kamardine Soulé

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