La situation financière du pays se dégrade !

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Le Président de l’Union des Comores, Ikililou Dhoinine, avait annoncé, le 10 décembre 2015 à Fomboni (Mohéli) lors de la célébration de la journée internationale des droits de l’homme, le paiement d’ici la fin de l’année 2015, des arriérés de salaires des fonctionnaires, près de 4 mois, grâce à une aide budgétaire du Royaume d’ Arabie Saoudite de 40 millions d’euros. L’année dernière,  après l’octroi d’une seconde licence d’établissement et d’ exploitation d’ un réseau de communication électronique aux Comores  d’une durée de 15 ans à Telma, l’opérateur historique de Madagascar, le Gouvernement a reçu une  contrepartie financière de 7 milliards et 10 millions KMF, correspondant à l’offre financière de Telma. En 2014, l’Assemblée de l’Union des Comores avait adopté le 16 juin 2014, le projet de loi autorisant la cession des actions de l’Etat détenues à la Banque de Développement des Comores (BDC). Avec l’adoption de cette loi, l’Etat comorien avait cédé ses parts au repreneur de la BDC qui est I&P. Cette cession aurait rapporté à l’Etat comorien près 3 milliards de francs comoriens.

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En dépit de ces aides budgétaires et ressources internes extraordinaires, l’Etat peine à payer ses fonctionnaires et a financer les investissements publics.  Aucun travail de grande envergure n’a été lancé avec ces fonds pour relancer l’économie du pays. La situation macroéconomique et financière du pays continue de se dégrader.  Dans son communiqué de presse n° 15/432 du 23 septembre 2015, le Fonds monétaire international (FMI) avait déclaré que  « La situation économique des Comores demeure difficile. La crise dans le secteur de l’électricité et la mise en œuvre plus lente que prévue du programme d’investissements publics ont nui à l’activité économique et à la mobilisation des recettes fiscales. La non-budgétisation de l’augmentation de la masse salariale et l’épuisement des ressources issues du programme de la citoyenneté économique ont limité les possibilités pour le gouvernement de s’autofinancer… ». Le FMI a prévu que la croissance économique ne sera que d’environ 1% en 2015, soit un taux nettement inférieur au taux de croissance estimé de la population. L’inflation globale resterait modérée avec une progression annuelle estimée à environ 2%, malgré la nette appréciation du dollar par rapport à l’euro.

En dépit de ces cris d’alarme, le gouvernement n’a pas toujours pris les mesures qui s’imposent pour améliorer les finances publiques en renforçant les réformes structurelles «  identifiées essentiellement dans les domaines de l’administration des recettes et de la gestion des finances publiques ». L’instauration d’un compte unique du Trésor le 1er septembre  2015 destiné à centraliser toutes les recettes et les dépenses de l’État, n’a toujours pas  amélioré  l’exécution budgétaire, la gestion de la trésorerie et la transparence des opérations financières de l’État. Les élections sont passées par là. L’argentier du pays et les Gouverneurs des iles autonomes de Ngazidja et de Ndzuwani sont candidats. Ceux qui sont censés mettre en œuvre les reformes préconisés pour améliorer les finances publiques passent leur temps dans les meetings politiques et à collecter illégalement des fonds publics pour financer la campagne électorale de leurs candidats. Et pendant ce temps-là, le pays coule.

Comoresdroit

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