La société Semlex dans le collimateur de la justice Belge 

L’entreprise belge Semlex est dans le viseur de la Justice. Il est question de passe-droits et de marchés tronqués. Cette petite société dont le siège européen est à Bruxelles fournit une dizaine de pays africains en documents de voyage : passeports, permis de conduire, cartes d’identité…
La justice belge tente d’y voir clair depuis le début de l’année. Une enquête a été ouverte au parquet fédéral. En avril, l’agence Reuters avait publié des informations inquiétantes sur Semlex, notamment à propos d’un marché obtenu en République démocratique du Congo.
La pratique de Semlex vise également particulièrement l’archipel des Comores, comme le rapporte Reuters ce vendredi.
    Le choix des personnes recrutées vise surtout à pénétrer les cercles du pouvoir
Pour décrocher des contrats, les dirigeants de Semlex font appel à des agents locaux. Selon Philippe Engels, journaliste indépendant qui s’apprête à publier un développement belge sur le site de Médor, le choix des personnes recrutées vise surtout à pénétrer les cercles du pouvoir des pays cibles.
Le système mis en place produit visiblement d’excellents résultats, mais pose aussi des questions liées à la sécurité dans un domaine sensible, celui de la fourniture de documents officiels.
« On a des éléments montrant qu’il y aurait éventuellement – ce sont à ce stade des suspicions – une forme de trafic à l’unité. On a trouvé des documents ou des témoignages de gens qui disent que, chez Semlex, il est arrivé qu’on vende des passeports ou qu’on facilite l’acquisition de passeports à des tarifs qui seraient à des montants de 100.000 euros l’unité. »

Le passeport congolais, l’un des plus chers au monde
Le passeport congolais vendu par Semlex est l’un des plus chers au monde, il coûte près de 175 euros. À titre de comparaison, les passeports belges coûtent 65 euros.
Selon Reuters, pour chaque demande, le gouvernement ne récupérerait que 35% du prix. L’essentiel des sommes versées par le citoyen congolais irait en fait directement à Semlex et à une petite société basée aux Émirats arabes unis et qui appartiendrait à une proche du président congolais Joseph Kabila.

« Campagne de dénigrement »
À l’époque, en avril 2017, Semlex réfutait ces allégations et les jugeait calomnieuses.
« Semlex Europe s’expliquera au besoin avec les autorités judiciaires, mais n’entend pas commenter les articles de presse. Elle examine avec ses avocats les actions judiciaires pour mettre fin à cette campagne de dénigrement et obtenir la condamnation de leurs auteurs. »
En Belgique, l’enquête, est désormais confiée au parquet fédéral. Elle se poursuit, pendant qu’aux Comores une commission parlementaire d’enquête s’interroge sur les conditions dans lesquelles la « citoyenneté » comoriennes a été généreusement accordée sous le couvert d’un décret sur la citoyenneté économique à une série de ressortissants étrangers provenant pour la plupart de pays du Golfe. 

Rtbf.fr 

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