L’afflux de comoriens à Mayotte

Emmanuelle Eyles de Marie-Claire s’est rendue à Mayotte, le 101e département français. Sur l’île la situation est critique et ce sont les femmes et les enfants qui en paient le plus lourdement les conséquences.

 

L’île de Mayotte fait partie de l’archipel des Comores dans l’océan Indien. Les habitants de Mayotte (qu’on appelle Mahorais) et les Comoriens sont tous cousins.

 

Aujourd’hui les Comores sombrent dans la misère et Mayotte, de par son statut et ses subventions, est littéralement envahie de clandestins qui se terrent sans possibilité de sortir de la pauvreté.

Les Comoriens sont irrésistiblement attirés par le statut de l’île et viennent en kwassa-kwassa (bateaux de pêche) se terrer sur l’île. Ils représentent 40% de la population et la majorité sont des femmes. Elles veulent que leurs descendances naissent sur le sol français et sont prêtes à tout pour garantir un avenir meilleur à leurs enfants.

Les enfant comoriens nés à Mayotte

Si à l’âge de 16 ans il peut attester d’une scolarisation ininterrompue, il devient Français, tout simplement. Tant qu’il n’est pas majeur, sa mère n’est pas expulsable, mais elle n’est pas non plus naturalisable puisqu’elle est entrée illégalement. C’est une « ni-ni » comme des milliers de femmes là-bas: elle est vouée à une vie clandestine, aux rafles de la Police des frontières qui la ramènent sur son île comorienne mais dont elle repartira, elle est vouée aux petits travaux de ménage non déclarés et surtout, à l’exploitation en tout genre.

La maternité de Mamoudzou recense 8.000 naissances par an, ce qui fait d’elle la plus grosse pouponnière de France. Sept naissances sur dix sont des naissances d’enfants comoriens.
L’hôpital reçoit tout le monde sans faire de distinguo, mais il est en déficit car les patients clandestins ne peuvent payer. Le Conseil général est ruiné et le milliard d’euros qu’injecte la France chaque année est englouti en quelques mois.

Les conséquences de la surpopulation

Les Mahorais tolèrent encore la présence de leurs cousins pauvres et clandestins mais cela ne va pas durer éternellement. Les clandestins sont voués à une vie sans avenir, les femmes attendent le dernier moment pour aller à l’hôpital accoucher. Les abcès et infections réapparaissent. Les enfants clandestins ne sont pas suivis et n’ont pas accès à la sécurité sociale. Les 70 PMI de l’île manquent de moyens et n’ont même pas d’interprètes.

L’application des lois françaises à Mayotte

Mayotte est un département français mais 75% de l’île ne parle que le Shimaoré, 48% des adolescents de 16 à 18 ans sont illettrés et en échec scolaire, 64% des élèves de CE1 échouent à l’épreuve de français.

Les Mahorais ont voulu les avantages qu’il y a à être français mais ils n’ont pas encore vraiment saisi que ce statut s’accompagne de tout un cortège d’apprentissages, de mises aux normes, d’adoptions de lois etc.

Il n’y a pas d’état civil là-bas, pas de comptes en banques, pas de cadastres. Les hommes sont polygames et on applique le droit coutumier. Les années qui viennent vont laisser énormément de monde sur le carreau et comme Mayotte est loin, on ne s’en soucie pas beaucoup, ici en France.

 

 

Franceinfo.fr

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