L’antithèse de la liberté d’expression est la censure

La constitution de l’Union des Comores garantit dans son préambule « les libertés d’expression, de réunion, d’association et la liberté syndicale dans le respect de la morale et de l’ordre public ». Au cours de ces dernières années, le pays a bénéficié d’une relative liberté d’expression. Les médias publics et privés  bénéficiaient d’une liberté de ton qui tranche avec les pratiques dirigistes des régimes passés. Depuis la prise de fonction du Président Azali Assoumani, on assiste à une dégradation de libertés publiques, notamment la liberté d’expression. Les manifestations de l’opposition, sont systématiquement interdites. En l’espace d’une année, deux radios privées ont été fermées non pas par l’organe de régulation, le Conseil National de la Presse et de l’audiovisuel (CNPA), mais par des Préfets.
 
Les Comores risquent de perdre plusieurs places dans le prochain classement mondial de la liberté de la presse de «  Reporter Sans frontière ». En 2013, les Comores avaient perdu 6 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporter Sans frontière (RSF) après avoir gagné 20 places en 2012. Elles sont passées de la 45e place  en 2012 à la 51e place en 2013. En 2017, les Comores sont classées à la 44e place. Dans ce rapport 2017, «  Reporter Sans frontière »  affirme que «  Malgré une liberté de la presse garantie par la Constitution, l’autocensure est pratique courante chez les journalistes comoriens ».
 
Les Comores demeurent toutefois dans le groupe des 10 bons élèves africains en matière de liberté de la presse. Pour une fois le pays devance tous nos voisins. En 2017, Nous sommes devant l’ile Maurice (56e), la Tanzanie (83 e), le Kenya (95 e) le Mozambique (93e), Madagascar (57e), les Seychelles (87e). 
 
 
Nos autorités politiques ont tout intérêt à préserver cet acquis en matière de liberté de la presse afin de consolider la démocratie et améliorer la gouvernance politique de ce pays.
 
La liberté d’opinion et d’expression est l’une des premières libertés politiques et plus généralement des libertés fondamentales. Elle est citée à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, citée dans le préambule de notre constitution. L’antithèse de la liberté d’expression est la censure.

Comores droit 

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