L’Armée comorienne est-elle à son tour touchée par la corruption?

L’Armée comorienne est-elle à son tour touchée par le syndrome de la corruption? Oû va notre monde? Oû va notre pays? Le syndrome de la corruption continue de faire des ravages dans notre beau pays. C’est comme si les fondateurs de notre nation l’ont aussitôt maudite après l’avoir créée. Mais la malédiction est-elle aussi éternelle? Pourquoi ne prenne-t-elle pas fin?

comorCette fois, le virus atteint l’armée comorienne qui est impliquée dans une vaste affaire de corruption et des pratiques de scénarios de films hollywoodiens. En effe, les Comoriens pensaient avoir retrouvé à leurs yeux une armée digne et fière pour défendre les couleurs de la nation et de protéger les bien et les personnes dans l’ensemble du territoire. Mais ce n’est pas du tout le cas, c’est tout à fait le contraire. A vrai dire, nous nous sommes plantés et cette idée n’était qu’un mirage.

Notre armée est indigne, elle ne mérite pas de constituer le dernier rampant de La défense de notre peuple et de notre emblème. Elle souille la mémoire de nos ancêtres qui pourtant avaient placé en elle toute sa confiance pour le début d’un avenir radieux au lendemain de l’indépendance.

On avait pensé que le débarquement et la conquête d’Anjouan allaient redorer le blason de son image et de sa fierté, devant son peuple qui l’avait acclamée. Mais là non plus , on s’est trompé. Le peule comorien n’a jamais aussi exprimé son indignation face au comportement de l’armée et de ses dirigeants.

Il faut que des têtes tombent

Cela fait 10 ans que que l’armée vandalise dans les différents endroits où elle intervient. Il y a d’abord, la ville de Mmoidja, situé dans la région de Hamahamet, à l’Est de la Grande -Comore. En 2004, cette ville a été vandalisée et saccagée, une opération digne d’un scénario cinématographique de Rambo2. 95% des riches ont été volées et des maisons détruites. On a appris plu tard que c’était un ordre d’Azali Assoumani qui voulait se venger du fait qu’il n’avait pas été élu dans ce village.Des centaines de milliers de personnes arrêtées arbitrairement, sans aucun cadre légale. Mais c’était il y a quelque années.

Internet-réseaux sociaux a boulversé les habitudes

À l’époque, c’était différent car il n’y avait pas les réseaux sociaux, et l’Internet n’était pas à son paroxysme comme c’est le cas par exemple aujourd’hui. De nos jours, nos foyers sont inondés des images devenues souvent incontrôlables. Avec un clavier et deux doigts, on possède une force de frappe inégalable. L’armée doit penser que c’est fini le temps du silence, on a désormais la capacité de dénoncer ses actions jusqu’ici cachées et occultées dans des rapports secrets.

Armée en perdition

Cette armée se meurt à petit feux et elle va tout droit au mur. Si l’armée ne fait rien dans cette affaire de Handouli pour réparer son image en perdition, alors le divorce entre elle et le peuple sera non seulement consommé mais aussi il sera extirpé dans les mains d’un juge cette fois plus sévère. L’armée doit payer cette fois-ci pour montrer sa bonne foi. Il faut que des têtes tombent après ce qui s’est passé ces derniers jours. Elle doit changer sa façon de recruter les hommes et les femmes qui vont constituer le corps militaire de demain!

Les événements qui s’étaient passés ces derniers jours donnent le tournis, suscitant la condamnions de la classe politique. D’autant plus que les médias internationaux en ont parlé. Aujourd’hui, on a la chance de monter au monde qu’on grandi et on sait reconnaître les erreurs.

Un budget pour rien faire

L’armée est parmi le domaine de l’Etat qui a un budget de plus de 600 millions de nos francs par an. Ce budget assure entre autres la régularité des salaires de son corps, les missions de fonctionnement, mais aussi les missions dites stratégiques. J’étais cependant loin d’imaginer que les pauvres soldats envoyés souvent sur le terrain étaient aussi pauvres que cela puisse paraître.

Comment voulez vous, chers lecteurs, qu’un pauvre soldat, recruté sur la base de son échec scolaire, n’aille pas saccager et voler dans une maison luxueuse d’un étage ou de deux étages. C’est évident! C’est dans ce contexte que j’ai pu m’entretenir avec un des soldats qui étaient déployés ces derniers à Vanamboini. Et ce qu’il m’a dit m’a beaucoup boulversé. Je ne donne pas son origine mais il habite a Moroni.

Témoignages

Je décide de l’appeler Titre, nom de code pour des raisons de sécurité. « Il est 6h du matin, l’ordre vient d’être tombé. Une intervention est imminente. Un briefing vient de se terminer. On doit aller intervenir quelque part. Tout de suite après, les moteurs des voitures ronflèrent dans la cour et les pas de crampons de rangers se précipitèrent à bord en ordre ordonné. Le chef de l’unité vient de terminer le dernier ordre. Arrivés sur le lieu, à Vanamboini, le jeune homme de 35 ans trouve un village vide, qui semblait désert avec un décor des allures d’une zone désaffectée. Sauf que 80 % des maisons sont luxueuses.

Ce jeune homme faisait partie du groupe 3 qui pénétrait dans les maisons à la rechercher des suspects qui auraient éventuellement mis le feu sur les engins de Colas dans le site de Handouli. Défonçant les portes, ils fouillent systématiquement, comme le veut le protocole, les tiroirs et les livings, meubles et renversent les lits avec les matelas. Quelques minutes après, ils tombent sur un coffre contenant de l’or et de l’argent.  » personne ne touche rien » se sont-ils dit. Ils ont laissé la boîte telle qu’elle était. Mais il reconnaît que la tentative était vraiment grande surtout dans une période où il n’a pas été payé, il y a 5 mois. 5 mois d’arrières de salaires, s’il vous plait! Vous imaginez!

Ce monsieur, très courageux, met en cause le sytème de recrutement de l’armée basé sur le délinquance. Sans moyens, ni argent, ni formation requise, ces hommes sont en proie à un autre esprit, des véritables machines à brutaliser ou vandaliser. On ne leur enseigne même pas le B-aba de notions basiques de Droits ni de devoirs civiques. Il reconnaît certaines erreurs qui auraient pu être évitées selon lui. Mais l’armée est responsable de ce qui s’est passé. Selon lui, l’intervention dépend de l’ordre donné, on sait souvent ce qu’il va se passer sur le terrain.

Appel à la responsabilité

Moi, Nasra, avec mes contacts, j’ai eu vent de certains agissements inappropriés de la part de certains hauts responsables de l’armée. A commencer par Tchigou, homme fort et une bête politique militaire. A son actif, il est a la tête d’un réseau, un groupe mafieux. D’ailleurs, à la place à Moroni, tout se sait mais tout ne se dit pas publiquement. Selon des informations, plusieurs millions de nos francs sont été détournés au sein de l’armée. Ça l’aire trop beau pour être vrai. Nous ne révélerons pas plus pour honorer la mémoire de nos fondateur qui n’ont pas voulu ces pratiques occultes.

Cependant, nous interpellons le chef de l’armée, Ahamada Maladi Boloro, et le chef de l’État-major de l’Armée comorienne, Youssouf Idjihad, de changer de stratégie et de reconnaître les bavures commises par les militaires depuis 12 ans. Ils doivent demander pardon au peuple en commençant par dégager des responsabilités pour qu’à l’a venir, et d’une manière définitive, ce genre de situation n’ait plus lieu. Car ça mets à mal le moral de peuple et renforce son sentiment de désespoir. Alors : unité -travail -solidarité ou développent , peu importe, il faut qu’on respecte le peuple, et préserve les acquis de la démocratie car c’est bien l’oxygène de la liberté.

Nasra Ahamada

2 commentaires sur L’Armée comorienne est-elle à son tour touchée par la corruption?

  1. Le contenu de cet article est bien et belle irrélevant de son intitulé.
    J’ai constaté même la Commission de l’Anticorruption n’arrive pas à différencier le vole et la corruption.
    Malheureusement son article contient beaucoup d’indexation, c’est comme s’il ya un compte à rendre avec certains responsable mais pas vraiment au profit de la Nation.

  2. Je viens de lire attentivement cet article. Cependant, j’avoue avoir un sentiment mitigé. Ce sentiment vient du décalage entre le titre du post et son contenu.
    En effet le titre choisi par Nasra Ahamada est explicite « l’armée comorienne est-elle à son tour touchée par la corruption ». Je m’attends à ce qu’elle dénonce avec force des faits de corruptions commis par l’armée surtout quand elle écrit en préambule « cette fois, le virus atteint l’armée comorienne qui est impliquée dans une vaste affaire de corruption ».
    De quelle corruption met-elle en lumière ?
    Rappelons qu’une corruption est l’action de corrompre. Or une des significations du verbe corrompre données par Larousse est : « Séduire quelqu’un par des présents ou des promesses, l’amener à agir contre sa conscience ou les devoirs de sa charge ».
    Cet article dénonce des actes de vandalismes commis par l’armée comorienne.
    Or, ce que semble ignorer la rédactrice de cet article est qu’une armée répond à des ordres. Il faut plutôt dénoncer celui qui a ordonné l’armée à aller Vananboini . C’est à la gendarmerie nationale ou la police judiciaire d’enquêter afin d’élucider cette affaire de Handouli.
    Quant à cette affaire liée Tchigou, ce qui me « choque » dans ce paragraphe qui lui est consacré, c’est la non prise en compte de la présomption d’innocence. Vous n’utilisez même pas le conditionnel comme si pour vous, cette personne a commis ces détournements de fond. Je salue votre courage d’être un lanceur d’alerte, sauf que devant la juste, il faut de faits, des justificatifs et non « avec mes contacts, j’ai eu vent de… ».
    Par ailleurs, peut-on à partir de ce cas particuliers, affirmer que le virus de la corruption a atteint l’armée nationale ?

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