L’audition de l’ancien vice-président s’est achevée dans l’incompréhension

Comparu pour être entendu par le juge d’instruction une deuxième fois suite à son rendez-vous du mercredi dernier, l’audition de l’ancien vice-président, Mohamed Ali Soilihi, dans le cadre de l’instruction ouverte sur le détournement supposé des fonds de la citoyenneté économique, du jeudi 5 juillet, s’est achevée sous une grande incompréhension.

Après presque trois heures d’entretien, le procureur de la République s’est rendu au cabinet du magistrat instructeur et sort en compagnie de l’ancien vice-président pour se rendre au bureau du procureur général.

Aussitôt, le chauffeur de l’ancien vice-président a déplacé la voiture vers l’entrée principale du palais de justice. Escorté par quelques éléments des forces de l’ordre présents, l’ancien vice-président a regagné son véhicule, direction sa résidence d’IKoni. Aux yeux des sympathisants de Mohamed Ali Soilihi et de l’assistance présente au palais de justice, cette scène était plus qu’incompréhensible.

Interrogé sur ce qui s’est passé, Abdillah Mouigni, un des lieutenants de l’ancien vice-président a déclaré qu’à l’issue de cette audition, le magistrat instructeur a inculpé l’ancien vice-président de détournement des biens publics et a également ordonné son placement en détention provisoire. A en croire notre interlocuteur, cette décision du magistrat instructeur a été contestée par le parquet.

Le procureur de la République et le procureur général ont pris la décision de renvoyer l’ancien vice-président à son domicile car au regard du dossier, il n’y a pas suffisamment d’éléments qui nécessitent le placement en mandat de dépôt de Mohamed Ali Soilihi», précise-il.

Dans son intervention, ce proche de l’ancien vice-président a ajouté que «le procureur a donc fait appel sur cette ordonnance qui sera examinée par la chambre d’accusation, le mardi prochain, ce qui a permis à l’ancien vice-président de rentrer à son domicile». Interrogé sur ce qui, au départ, était une simple rumeur, une source du palais de justice a confirmé l’information en ajoutant que les différentes «auditions effectuées lors de l’enquête préliminaire n’ont pas donné suffisamment d’éléments qui méritent une détention».

Selon elle, à l’état actuel de l’enquête, «il n’y a ni courrier, ni pièce qui incriminent directement l’ancien vice-président. L’enquête est à son début, le juge aurait multiplié les auditions pour réunir les éléments nécessaires avant de prendre ce genre de décision».

Dans son intervention, cette source qui requit l’anonymat soutient aussi qu’à ce stade de l’enquête, «inculper l’ancien vice-président pour détournement de 2,9 milliards et ordonné son placement en détention provisoire, serait précipiter les choses de la part du juge instructeur».

De son avis, cette décision prise par le juge d’instruction a suscité un désaccord entre le parquet et le magistrat instructeur, «c’est pourquoi elle a été frappée d’appel et c’est à la chambre d’accusation de se prononcer».

Alwatwan

Soyez le premier à réagir

Réagissez à cet article

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*