Le Colonel et ses Lieutenants

Que l’on dise qu’un pouvoir aux mains d’un Putschiste est régi par des « mercenaires » n’a en soi rien d’étonnant. C’est d’ailleurs la seule chose que Tocha Djohar, Ali Mhadji, Mohamed Msaidie, entre autres racailles de l’opposition, ont dit de vrai. Le pays est gouverné à la manière d’une monarchie. Il est impossible, en ce jour, de démêler le pouvoir exécutif des pouvoirs législatif et judiciaire. Tous trois sont concentrés aux mains du monarque de Mitsudje, par l’entremise de « lèche-culs » placés ici et là, sur tous les fronts, et qui n’hésitent pas un seul instant à baisser leurs frocs. Mais puisque le ridicule ne tue pas…
En tête de ces « hommes de main », que dis-je, ces « sous-hommes », le Président et Vice-président de l’Assemblée, Abdou Ousseini et Maoulana Charif (aux mœurs plus que douteux), qui font la pluie et le beau temps sur les travées de l’hémicycle. Ceux-là même qui ont remis en mains propres (ou sales, si vous voulez) le rapport parlementaire sur le programme de la Citoyenneté économique au Président de la République. Un rapport qui s’apparente plus à un règlement de compte qu’à autre chose, quand on sait que les inconditionnels du régime, à l’exemple d’un Houmed Msaidie, qui fut un temps Ministre de l’Intérieur, sont épargnés par la vague d’auditions.

Et puis il y a les juges de la Cour Suprême, soi-disant « hommes de Loi », qui ont laissé la Constitution se faire marcher dessus, par une simple « Décision » sans queue ni tête. Vomitif ! La Cour Constitutionnelle était loin d’être un modèle de Justice, mais elle avait au moins le bénéfice de la disparité. La Cour suprême est semblable à une Cour de courtisans, avec ses juges nommés du jour au lendemain par « Décret » présidentiel.
Que dire d’Ahmed Mohamed DJAZA, « Monsieur 104% », chef d’orchestre de la Commission Électorale Nationale Indépendante. Toujours aux avant-postes malgré les mille et une histoires de magouilles dans lesquelles il est mouillé jusqu’au cou. Il faut bien le faire passer ce référendum au mois de juillet. Un tripatouilleur d’élections d’un côté, et des juges acquis à la « Cause » de l’Imam de l’autre. Que faut-il de plus ?
« Décision », « Décret », l’on en a connu, des fantasmagories. Mais la « Note » du Préfet du Centre, Salim Ben Mohamed Soilihi, « portant interdiction de prédication inopinée dans les mosquées de Moroni », est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « L’on ne peut pas tomber plus bas en matière d’autoritarisme », disais-je. Mais c’était sans compter sur la « Note », encore une, de Said Abdou Djae, Secrétaire Général du Ministre de l’Intérieur, plaçant en résidence surveillée le Mythomane enturbanné, en raison de « ses agissements constatés ces derniers jours ». Et puis quoi encore.

Dire qu’ils n’ont pas les couilles de les signer eux-mêmes, ces « Notes ». Encore une fois, que l’on dise qu’un pouvoir aux mains d’un Putschiste est régi par des « mercenaires » n’a en soi rien d’étonnant. Ce qui est étonnant, sinon « répugnant », c’est de voir certaines personnes tomber si bas, vendre autant leur honneur. Pour des miettes de pain !

D.A.K

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