Le conseiller privé du président de la République : «Nous agissons dans la sérénité et nous avons confiance en l’avenir»

«Nous avons hérité de beaucoup de contrats et nous nous donnons le temps de les examiner tout en ayant à l’idée qu’il y a la continuité de l’Etat. Nous ne sommes pas un Etat voyou, nous devons les assumer. Si un contrat ne comporte pas de dols ou d’escroqueries quelconques, l’Etat doit assumer le choix de ses prédécesseurs. Il est clair que nos prédécesseurs ont signé beaucoup de contrats et qu’il est dans l’intérêt des Comoriens de les examiner sereinement» soutient le conseiller privé du président de la République, Said Abdallah Cheikh Soilihi. Nous avons programmé une interview croisée avec l’opposition, mais celle-ci, a décliné l’offre d’Alwatwan.

 

Al-watwan : Il y a tous justes cent jours depuis qu’est arrivé au pouvoir le président Azali. En tant que conseiller privé, pouvez-vous nous faire un bref bilan de l’action menée durant cette période?

Saïd A. Cheikh : Les «Cent jours» d’un pouvoir n’ont pas une grande signification. C’est plutôt un crédo de campagne ou l’on annonce ses intentions une fois arrivé. Une fois élu, la population veut voir si le nouveau pouvoir est vraiment sur les grandes lignes annoncées dans la campagne. Il est clair qu’en trois mois on ne peut pas obtenir des réalisations mais on voit les prémisses et cela peut donner une idée sur la suite.

Ce qu’on peut constater c’est que durant cette période, l’autorité de l’Etat, la sérénité et la confiance est restaurée par rapport à la population, les partenaires bis et multilatéraux. Cette confiance en la personne du président est restaurée sur la base de plusieurs choses et évènements dont les élections transparentes qui viennent d’avoir lieu. 

D’un autre côté, on peut dire que «Alhamoulillah», Allah est avec nous. En effet, le prix de la vanille a augmenté substantiellement et pour la première fois que nos Cœlacanthes U17 gagnent à un match international à l’extérieur, c’est sous notre régime. Notre voie est celle des Comores qui gagnent et pour cela nous avons confiance en l’avenir.

Dans un aspect transversal, notre ligne directrice c’est le partenariat public-privé. Le président de la République a tenu une réunion avec les magistrats pour discuter sur les orientations et les comportements à avoir dans les dossiers impliquant des hommes d’affaires, les banques et les citoyens. C’est important parce que nous avons besoin d’un environnement juridique sain. C’est un préalable pour le décollage économique et l’épanouissement du secteur privé.

Le président, premier magistrat, veillera à ce qu’il y ait de réels changements. Le ministre de la Justice est un homme de terrain qui saura prendre toutes les mesures nécessaires pour que tout soit fait dans la conduite et la façon de rendre la justice.

 

Le président a, également, rencontré les banques afin de leur assurer que l’Etat respectera ses engagements car elles sont le canal de développement du pays. Suite à ses discussions nous envisageons, notamment, de mettre en place des lignes de crédits au profit des étudiants qui ont fini leurs études ainsi que des petites et moyennes entreprises. Pour permettre à ces jeunes d’avoir accès au crédit, nous sommes en train de négocier avec des pays et des institutions partenaires afin de mettre en place, au plus tard au début de l’année prochaine, des fonds de garanties.

Au niveau des infrastructures, nous-nous sommes au problème des routes. Au niveau du transport maritime inter-îles, nous encourageons les privés à se lancer et nous les appuierons d’abord pour le désenclavement interne. Pour ce qui est du transport aérien, nous soutiendrons toutes les compagnies aériennes comoriennes et nous les encouragerons à se développer. Nous ouvrirons le ciel comorien à d’autres compagnies étrangères, mais cela ne doit pas se faire au détriment des compagnies locales. Quant à l’énergie, nous nous concentrons afin de rompre avec les coupures du courant…

 

Al-watwan : … Par rapport, justement, à l’énergie, le contrat relatif à la construction d’une centrale électrique signé avec Salama International Trading Compagny fait l’objet de nombreuses critiques. Certains dénoncent une violation de la loi sur la passation de marchés puisqu’il n’y a pas eu d’appel d’offre…

Saïd A. Cheikh : … Il ne faut pas croire que nous avons cinq milliard en poche que nous sortons pour acheter les moteurs, mais, il y a des pays, des partenaires qui, pour la confiance qu’ils nous accordent, sont prêts à nous appuyer sur ce domaine.

Come vous savez que le préalable pour tout développement repose dans l’énergie. Les discussions que nous avons eues avec nos partenaires qui sont près à nous aider dans cette démarche ont amené à signer ce genre de contrat. Ces groupes électrogènes n’allaient venir aux Comores tout simplement parce que nous venons de débarquer, mais il y a un partenariat qui s’instaure. Au regard de l’urgence qui s’impose nous ne pouvons pas privilégier les procédures. Nous avons fait le choix de privilégier l’urgence et l’importance de la réalisation du projet, mais pas les procédures autour.

Dans la vie, on n’a pas tout à tout moment, il y a des choix à faire et nous avons opté pour cela. Personne ne comprendrait qu’il y aurait de l’argent potentiel probable pour régler le problème de l’énergie et que rien ne se fait car il faut respecter les procédures. Lancer l’appel d’offre, donner un mois pour soumissionner, attendre la période de dépouillement, etc. Nous avons privilégié l’urgence de la situation, le reste se déroulera dans la transparence. Tout ce qui sera déboursé ou payé se fera dans la transparence.

 

Al-watwan : Alors que plus de 2000 contractuels viennent d’être licenciés dans plusieurs départements et sociétés d’Etat, on a appris que certains membres du gouvernement ont vu leurs salaires augmenter. N’est ce pas un mauvais signal? Et que va-t-on faire de ces centaines de jeunes qui ont été mis à la porte?

Saïd A. Cheikh : A ce propos je crois, en faite, qu’on fait trop de bruits pour si peu. Cette affaire d’indemnité devrait intervenir parce qu’il y a les secrétaires d’Etat et que, jusque là, ce poste n’existait pas dans la hiérarchie. Dans l’organigramme du gouvernement, l’on a supprimé les «délégués» et on a mis en place des «secrétaires d’Etat». Ces derniers ont un rang supérieur aux délégués car ils peuvent participer au conseil des ministres. Mais comme la culture de secrétaire d’Etat était perdue, il fallait définir leurs places, leurs indemnités, leurs hiérarchies et l’ordre protocolaire, certains taux ont été révisés et hiérarchisés par rapport aux conseillers.

C’est trop de bruit, je défie quiconque qui me montrer a le texte qui dit qu’il y a eu des modifications allant dans le sens que certains gens disent. Il ne s’agissait pas d’augmenter des millions et des millions. Nous avons la tête sur les épaules, nous venons de commencer le mandat et la priorité n’est pas dans l’augmentation des salaires. Cependant, il faut savoir que gérer la souveraineté cela a un coût qui doit être assumé. Les Cœlacanthes doivent aller un peu partout, cela aussi a un coût.

A propos de licenciement, tout le monde sait que tous les recrutements fait au moment de la campagne sont annulés dès que les élections prennent fin, cela est, malheureusement, devenu un jeu électoral. Ces jeux politiques n’ont rien à voir avec notre conception du soutien aux jeunes et notre politique pour leur ouvrir un avenir. Nous sommes en train de mettre en place tous les outils afin d’œuvrer à une insertion effective des jeunes dans la vie active.

 

Al-watwan : Un arrêté conjoint relatif à la baisse des prix de certaines denrées de première nécessité a été signé entre le vice-président chargé du ministère de l’Economie et le ministre des Finances. Malgré tout, on a constaté certaines résistances de la part de commerçants et, parfois, de consommateurs. N’est-il pas temps de faire appliquer cette mesure pour le bien-être de la population?

Saïd A. Cheikh : Les mesures seules n’ont jamais réglé les problèmes. Il y a, certes, les mesures, mais il y a aussi le poids de l’autorité, la culture, les mœurs, etc. Dans certaines régions du pays, ces mesures sont respectées, dans d’autres non. A mon avis, c’est un problème de culture.

Entre la résistance des commerçants et le soutien des consommateurs, le problème ne sera pas réglé car l’Etat ne peut pas mettre un policier devant chaque commerce. Quand le consommateur ne prendra pas conscience qu’il doit se soumettre à des mesures prises pour son bien….

Je lance un appel aux consommateurs pour qu’ils adoptent un comportement plus civique en prenant part à l’effort de résolution des problèmes dans l’intérêt de tous. Autrement ce sont les commerçants qui gagneront. Dans ce problème, on a l’impression que l’Etat est seul.

 

Al-watwan : Avant son départ, le gouvernement Ikililou a signé un contrat de partage de production pétrolière avec la société Rhino. Est-ce que l’équipe Azali ira dans ce sens? Quant le dossier va-t-il être envoyé à l’Assemblée?

Saïd A. Cheikh : Nous avons hérité de beaucoup de contrats, pour l’instant, nous nous donnons le temps de les examiner tout en ayant à l’idée qu’il y a la continuité de l’Etat. Nous ne sommes pas un Etat voyou, nous devons les assumer. Si un contrat ne comporte pas de dols ou d’escroqueries quelconques, l’Etat doit assumer le choix de ses prédécesseurs. Il est clair que nos prédécesseurs ont signé beaucoup de contrats et qu’il est dans l’intérêt des Comoriens de les examiner sereinement.

Comme l’a bien dit le président, un audit sera effectué par un cabinet international afin d’éclaircir ce qui s’est passé par rapport à ces contrats. Il faut avoir à l’esprit qu’il ne s’agit pas d’une personne contre une autre, mais d’affaire d’équité et de respect des intérêts de notre pays.

  

Al-watwan : Ces derniers temps, l’actualité c’est aussi la polémique survenue suite à la suppléance du gouverneur de Ngazidja confiée à un conseillé en lieu et place d’un commissaire…

Saïd A. Cheikh : … comme vous savez, une démocratie repose sur des institutions, des lois et des règlements. Par rapport à ce sujet, j’ai lu dans la presse que le conseil de l’île avait saisi la Cour constitutionnelle, il faut attendre qu’elle se prononce. En ma qualité de collaborateur du chef de l’Etat, nous suivons, au niveau de l’Union, ce qui se passe au niveau des îles avec beaucoup d’attention. Nous n’avons pas à faire de l’ingérence. , Que les autorités de l’île, que la loi, que toute institution qui doit se prononcer se prononce et nous nous soumettrons pour le droit, car nous sommes pour le droit.

 

Al-watwan : Alors que nous sommes en pleine rentrée scolaire, le gouvernement a pris la décision de fermer des institutions d’enseignements associée à l’Iran. Etait-il nécessaire d’aller jusqu’à là?

Saïd A. Cheikh : Dans une certaine mesure, en politique et en diplomatie, il n’y a pas de demi-mesure ou de demi-position. Ou bien on prend, ou on ne prend pas. Nos prédécesseurs ont pris la décision de rompre nos relations diplomatiques avec l’Iran, ils en assument et nous sommes arrivés et continuions à ce sens.

Maintenant, il y a les conséquences qui vont avec cette rupture et nous assumons ce que nous faisons. Il y a une continuité de l’Etat, nous n’avons pas jugé utile de remettre en cause ce qui a été fait et allons dans le sans des décisions prises par nos prédécesseurs. La fermeture de ces institutions iranienne est une conséquence logique de cette décision. En diplomatie, il y a des choix à faire, le choix est déjà fait, maintenant, il faut assumer.

1 commentaire sur Le conseiller privé du président de la République : «Nous agissons dans la sérénité et nous avons confiance en l’avenir»

  1. Messieurs les intervenants,vous savez quoi?Un pays n’a pas d’amis ni d’ennemis;il a des intérêts.Si franchement messieurs les intervenants vous voulez gouverner un jour un pays,il faut savoir ceci dès maintenant. Une leçon à retenir.

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