Le grand mariage comorien, tradition lourde à porter

Le Grand Mariage. Vendredi 27 octobre, à 20 h 30 sur LCP. 

Le journaliste comorien Badroudine Saïd Abdallah propose un documentaire original au cœur des Comores et de leur tradition du grand mariage. C’est une étape capitale dans la vie d’un Comorien : c’est un « devoir à faire coûte que coûte, quoi que ça coûte » comme l’explique le journaliste, à l’occasion du grand mariage de son père… après vingt-trois ans de mariage et de vie en France.
Badroudine Saïd Abdallah a laissé de côté son rôle professionnel pour laisser apparaître sa sensibilité de fils originaire des Comores, portant la tradition du grand mariage sur les épaules. À son tour, il devra en « passer » par là : son honneur, celui de ses frères et sœurs en dépendent. « Ta nouvelle bataille, c’est de t’occuper de nous », lui dit un de ses amis.
Aborder la question et interroger ses proches n’est pas aisé pour le jeune homme ; toute voix, sincère mais dissidente, se doit d’être tue, à l’image de la mère de Badroudine qui se dit heureuse des festivités de son grand mariage mais qui s’en remet à son mari lorsqu’il s’agit d’approfondir sa pensée : « Qu’est-ce que tu as envie de me dire ? », lui demande Badroudine. « Ce que je t’aurais dit, ton père vient de te le dire », répond-elle.
Pour un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années, le décalage est immense entre la Courneuve où il a grandi, « une ville de banlieue parisienne, 40 000 habitants et 83 nationalités », et les traditions comoriennes du grand mariage, qui exigent que le marié offre à sa communauté une grande quantité d’argent. Cet argent est ensuite exhibé, et sa présence est comme providentielle : « Quand vous venez, la joie augmente parce que vous venez avec de l’argent. »

L’honneur du couple qui se marie se mesure à l’aune de cette manne financière. Les célébrations autour de l’homme qui « devient quelqu’un » doivent montrer la réussite de toute une vie. Mais aussi l’espérance à voir les jeunes générations en perpétrer la solennité.

Lola Schidler / la-croix.com

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