Le hasard dominical du président

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Azali à Cineju

Le président Azali a visité la Citadelle de Mutsamudu, sur invitation des Jeunes du Patrimoine des Comores. Ses jeunes gardiens du patrimoine, des vrais combattants pour sa préservation et sa sortie de l’ombre. Mais quand un président s’emmène un dimanche après trois jours de Ndzuwani Red, on a certainement besoin de se ressourcer, s’évader…
C’est avec plusieurs de ses proches collaborateurs et sans le service protocolaire d’usage que le Président de l’Union a profité de son séjour anjouanais pour visiter et écouter l’histoire de ce que fut jadis la « forteresse des sultâns ». La Citadelle de Mutsamudu a été édifiée à la fin du dix-huitième siècle, entre 1782 et 1790, par le gouverneur de Mutsamudu, Mogne Fani Abdallah Ben Mohamed El Masela, dans le but de protéger la cité contre les razzias malgaches qui ont sévi entre 1790 à 1803 et les guerres fratricides entre les clans et les familles régnantes des villes d’Anjouan depuis le treizième siècle. selon les historiens.
La restauration et l’aménagement de la Citadelle, commencés en 2010. Un travail titanesque et coûteux mais qui a permis de sauver ne serait que partiellement ce patrimoine national. Il a fallu débourser la bagatelle de 29 585 000 francs comoriens dont 17 625 000 francs provenaient de la Coopération française, à travers son Programme de co-développement avec l’Union des Comores, et le reste de la contribution communautaire (mairie de Mutsamudu, association de la diaspora mutsamudienne dont Wema, et le Collectif du Patrimoine des Comores).

Azali à Cineju
Azali à Cineju
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Un moment certainement privilégié pour l’imam-président de se ressourcer car depuis vendredi qu’il est à Anjouan, il a vu, vécu, dit et écouté. Une dernière écoute s’imposait donc pour le président avant de prendre ce dimanche en fin de matinée, l’avion pour la capitale avec sa suite pour un long et dur début de semaine en perspective.

Se déconnecter un petit moment de la réalité ou du vécu de son peuple, permet souvent de mieux rebondir.
L’endroit était bien indiqué car c’est bien dans ses vestiges que s’est écrit une grande partie de l’histoire diplomatique des Comores. C’est dans ces remparts que s’organisait la sécurité de la cité mais non seulement. La citadelle symbolise le pouvoir et la coopération. Des canons estampillés de la couronne britannique et fleur de lys, l’emblème de la royauté française, se bousculent la vedette chacun voulant devancer à l’autre dans la primeur de celui qui lancera la première salve protectrice de la cité. Symbole fort d’une coopération diversifiée de l’époque pour dissuader toute menace contre l’île. Hasard de lieu ? N’est-ce pas au-dessus de ces remparts que surplombe la seule et très symbolique Chapel chrétien d’Anjouan ? Hasard certainement de calendrier ce dimanche du haut de la vigie de la citadelle, Azali a pu entendre le chorale de la prière des quelques centaines de paroissiens vivants à Anjouan. Le glaive d’une croyance de tolérance et unificatrice dont le président est le garant.

Azali à Cineju
Azali à Cineju

Mais c’est d’ici aussi, que la cité a connu ses premières victimes des mercenaires étrangers venu mater une désobéissance civile contre le coup d’état d’Ali Soilih d’aout 1975 à Moroni.
Osons croire qu’il ne s’agissait pas d’un hasard dominical mais un vrai retour aux sources personnel de l’imam de ses symboles, avant de se projeter vers l’avenir. Têtus à l’idée de croire que le président ne fait rien au hasard.
Mais bon… bon hasard dominical Monsieur le président.

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