Le Kwassa-Kwassa amène Du malheur, Mr Macron !

Le président Français aurait mieux fait de se taire au lieu de se moquer «  Du Comorien ». Lors d’une visite cette semaine au Centre régional de surveillance et de sauvetage atlantique (Cross) d’Etel (Morbihan), le President français a dérapé, gravement. Au cours  de cette visite, l’un d’entre eux évoque différents types d’embarcations: «Il y a des tapouilles et des kwassa-kwassa». «Ah non, c’est à Mayotte le kwassa-kwassa», relève alors Emmanuel Macron. «Mais le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent», plaisante-t-il.
 
Cette plaisanterie d’Emmanuel Macron est choquante et inadmissible. Ainsi la mort continue  » Du Comorien »  au large de l’ile de Mayotte dans les embarcations de fortune, n’émeut pas le président français. Et pourtant, les gouvernements français successifs portent une lourde responsabilité dans ces drames à répétition qui endeuillent régulièrement les familles comoriennes et françaises en raison de son entêtement à vouloir arrêter la circulation millénaire entre les iles, des habitants de cet archipel unis par les liens familiaux et culturels. «  Le Kwassa-Kwassa qui amène du Comorien »  est un problème créée par le Gouvernement français.
 
En janvier 1995, le visa d’entrée à Mayotte imposé aux Comoriens par l’ancien Premier Ministre français, Edouard Balladur, qui était en campagne pour l’élection présidentielle de 1995 est entré en vigueur. L’introduction de ce visa Balladur a interdit de fait la libre circulation des personnes entre l’île de Mayotte et le reste de l’archipel des Comores. Ce sinistre visa a fête cette année ses 22 ans d’existence. Ce visa divise un archipel,  un peuple, des familles et cause surtout la mort de plusieurs milliers de personnes. Tous les mois, des dizaines de personnes qui veulent se rendre à Mayotte en contournant ce visa, difficile à obtenir,  périssent dans le chavirement de leur bateau de fortune :Le Kwassa-Kwassa. 
 
 
L’instauration de ce visa participait à la lutte contre ce que les français appellent « l’immigration clandestine ». Et pourtant, cette lutte engagée depuis près de deux décennies par le gouvernement français à Mayotte contre les mouvements de population entre Anjouan et Mayotte demeure un échec cuisant, un non-sens qui n’a fait que favoriser « l’immigration dite clandestine » et engendrer la mort de plusieurs milliers de personnes. Les chiffres parlent d’eux même : la population de Mayotte est passée de 130.000 habitants en 1997 à près 212 600 en 2012. Cette population a ainsi augmenté de 26 200 habitants depuis 2007, soit 5 240 habitants de plus en moyenne chaque année. Elle a presque triplé depuis 1985. Depuis l’instauration de ce visa, la plupart des autres habitants de l’archipel qui arrivent à Mayotte, ne retournent plus dans leur île d’origine comme auparavant.
 
 
Ce visa Balladur est soutenu par toute la classe politique mahoraise et les gouvernements successifs français. Certains élus français ont eu le courage de critiquer ce visa de la mort. Le député Noël Mamère, avait dénoncé  dans un long article rédigé sur sonblog derue89.com  le visa Balladur. « La France de Hollande, barricadée à Mayotte, bafoue le droit international en continuant d’appliquer dans toute sa dureté les règles découlant du visa Balladur. Depuis 1994, plus de 8 000 morts ont ainsi été dénombrés dans le bras de mer de 70 km de large qui sépare l’île d’Anjouan de Mayotte », a rappelé Noël Mamère en octobre 2013. « Les flux migratoires ne sont pas des invasions, mais des mouvements de population normaux dans un monde ouvert », a précisé encore sur son blog le maire de Bègles en Gironde. La délégation de la commission des lois du Senat français qui s’était rendue à Mayotte en mars 2012 avait dans ses conclusions, constaté l’échec de la politique de la reconduite à la frontière pratiquée à Mayotte et avait préconisé la révision pure et simple du « visa Balladur » qui limite la circulation des personnes entre Mayotte et les trois autres iles de l’archipel des Comores. Mais Alain CHRISTNACHT, Conseiller d’État français chargé par le gouvernent français d’évaluer et de faire des propositions sur les règles applicables à l’entrée et le séjour des étrangers à Mayotte a suggéré le maintien de ce visa en septembre 2012. Il avait affirmé après sa visite dans l’archipel que l’abrogation du visa Balladur n’était pas la solution pour lutter contre l’immigration clandestine dans l’ile de Mayotte. Une suggestion reprise par le Président Hollande lors de sa visite aux Comores au mois d’aout 2014 qui a évoqué  « l’impossibilité de faciliter la liberté de circulation entre Mayotte et les autres iles de l’archipel ».
 
 

 
Lors de sa campagne électorale, le Président français Emmanuel Macron avait tenu un discours pragmatique lors de la sa dernière visite à Mayotte le 25 mars 2017.  » Marine Le Pen vous a menti « , a déclaré Emmanuel Macron lors de sa courte escale à Mayotte, promettant au contraire de «tenir le langage de responsabilité de la République». La présidente du FN «a promis qu’il n’y aurait plus d’immigration légale ou illégale, plus de passeurs. Ce qui est impossible. C’est un mensonge éhonté», a déclaré le candidat d’En Marche ! à Dzaoudzi. «Qui peut vous promettre qu’il n’y aura pas demain des kwassa kwassa, personne !», a-t-il développé. «Qui peut vous promettre sérieusement qu’il n’y aura plus d’immigration clandestine, personne». «Je suis venu vous tenir le langage de responsabilité de la République», a-t-il assuré, proposant «une stratégie de développement des Comores». «C’est le seul moyen d’endiguer cette immigration». Mais, ça c’était avant qu’il soit élu Président de la République.

Comores droit 

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