«Le parti Radhi est et demeure un et indivisible »

Réuni hier à l’hôtel Le Retaj, l’un des principaux partis de l’opposition a passé au peigne fin les engagements pris par l’actuel gouvernement, notamment au cours du Séminaire du 7 janvier. L’audace affiché sur le budget 2017 et les conséquences qui pourraient en découler, la dissolution de la commission anti-corruption, la liberté d’expression…ont été au menu. Mais aussi et surtout la crise interne qui secoue actuellement le Radhi.
« Quand bien même le Gouvernement a fait adopter un budget aussi ambitieux que volontariste, on demeure néanmoins sceptique quant à l’efficacité des instruments de collecte des recettes publiques et quand aux capacités organisationnelles des administrations concernées dans ce climat débridé d’un gouvernement à géométries variables », lit-on dans un communiqué distribué à la presse. A ce sujet là, l’ancien ministre de l’intérieur et colistier de Mohamed Ali Soilihi aux dernières présidentielles, a tenu à rappeler qu’au temps où Mamadou était aux affaires, les recettes intérieures étaient à l’ordre de 45 milliards, perçus principalement dans les hydrocarbures, douanes, et le riz.

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Il se demande par quel miracle le gouvernement Azali parviendrait-il à collecter 81 milliards de recettes intérieures. «Est-ce que la
consommations du carburant et du riz va doubler ? Est-ce que les commerçants vont doubler leurs importations ? » s’interroge Houmed
Msaidie qui dit détenir des informations selon lesquelles des commerçants envisageraient de réduire leurs importations à cause, dit-il, des impôts qui sont insupportables. «Cela aura sans doute comme conséquence la hausse des prix, pendant que le gouvernement prétend lutter
contre la cherté de la vie, » met-il en garde. Pour ce qui est des deux factions rivales au sein de Radhi, le secrétaire national Kamar Ezamane
Mohamed a, sur un ton sarcastique, lancé que l’on ne peut pas être vaincu et s’agripper, au final, au vainqueur. Sans doute parle-t-il de la
faction rebelle d’Abdou Soefo et Mihidhoir Sagaf qui était derrière la malheureuse candidature de Mohamed Ali Soilihi contre celle de l’actuel
président, et qui font, aujourd’hui, les yeux doux à ce dernier.
« Sinon, qu’on fasse amende honorable si on estime qu’avoir osé à l’affrontement [contre Azali] constitue un crime de lèse-majesté, »
continue-t-il à ironiser, joignant ainsi ses sarcasmes à ceux du président du parti Abidhar Abdallah qui, lui, trouve qu’il n’est pas élégant de
chercher à « ouvrir une porte fermée alors qu’on n’a pas été invité. » Dans ce même chapitre, et ce malgré les passes d’armes entre les deux
clans, le secrétaire national exprime solennellement que « le parti Radhi est et demeure un et indivisible et que toute modification du mode
d’organisation ne peut se faire que par le Congrès » prévu les 20 et 21 mai prochains.
Au cours de la conférence le parti Radhi entouré des autres partis et « groupements » de l’opposition, notamment l’Updc et le Ridja, a évoqué
la question du journaliste Abdallah Agwa, et demande en conséquence le respect de la liberté d’expression, « gage de la démocratie.» Il
demande également le renouvellement de la commission anticorruption pour permettre aux citoyens de faire des dénonciations. Bien qu’il
sera critiqué, décortiqué, et mis en charpie, l’actuel régime aura eu droit à un compliment : le Radhi félicite le Gouvernement pour avoir réussi
son premier séminaire de programmations des actions à mettre en oeuvre pour l’année 2017 et ses projections pour le quinquennat dans le
but de faire des Comores un pays émergent.

Le reste du temps la politique d’Azali est vouée aux gémonies. L’apothéose de la conférence fut ces propos lancés par Houmed Msaidie qui,
dans ses cinglantes ironies, dira à propos de A.Soefo et les siens, que peut-être ignoraient-ils que [nous avons] perdu les élections. « C’est
comme si c’est aujourd’hui qu’ils s’en rendent compte, » a-t-il lancé, provoquant l’hilarité et l’ovation des militants qui étaient venus écouter
leurs leaders.
Toufé Maecha/ LGDC

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