Le Pbf du Pasco serait-il la cause des 16 mois d’arriérés de salaires ?

Deux ans après sa mise en place, le financement basé sur la performance (Pbf), financé par le projet Pasco, est, aux yeux des agents de l’hôpital pôle de Mitsamihuli, un des facteurs du déficit financier que l’établissement continue de traverser. Des techniciens avaient déjà commencé à tirer la sonnette d’alarme suite à la baisse des recettes journalières constatée durant les quatre premiers mois de la mise en place du projet. Cette mise en garde, que certains avaient qualifiée de «jugement apriori», semble devenue, aujourd’hui, une dure réalité pour les contractuels. En effet, la comptabilité de l’hôpital est passée de deux mois d’arriérés de salaires à… seize mois. Selon le secrétaire général du collectif des contractuels du centre hospitalier, Soidikudine Ben Soilih, le directeur sortant de l’hôpital a été sollicité à plusieurs reprises pour revoir à la hausse le coût des prestations ou trouver tout autre moyen qui permette de doper les entrées d’argent.

 

 

                Fréquentation en baisse

 

 «Avant la mise en place du projet dit definancement basé sur la performance (Pbf), on comptait deux mois d’arriérés de salaires. Son lancement semble les avoir multipliés. Ce qui est évident dans la mesure où les résultats sont loin, très loin d’être, encourageants».Les recettes journalières n’auraientpas décollé du fait que le taux de fréquentation de l’hôpital n’a connu aucune amélioration. Dans sa lancée, Soidikudine Ben Soilih se plaint qu’il n’y ait pas eu d’études sérieuses faites avant la mise en pratique de ce système qui, semble-t-il convaincu, risque de tout ruiner «parce que certains n’ont pas osé le dénoncer pour protéger des intérêts personnels au mépris de l’intérêt général».

 

 

Un autre haut responsable de l’hôpital, qui a requis l’anonymat, a confié que la mise en application de ce financement axé sur la performance du Pasco «freinait financièrement l’hôpital bien que le Pasco versait sa subvention». A l’entendre, le projet n’aurait pas tenu compte de certaines réalités. «Les agents de Pasco ne cessaient d’évoquer le cas de Ndzuani alorsque là-bas les coûts des consultations sont différents d’ici. Les coûts des prestations sont trop bas. La subvention du Pasco devrait être revue à la hausse», a-t-il estimé.

 

 

C’est, à l’évidence, l’idée qui vient en tête avec des prix symboliques tels que 50 fc au lieu de 1500 fc auparavant pour la consultation en médecine générale, 1000 fc au lieu de 50.000 fc pour l’accouchement, 20.000 fc au lieu de 100.000 pour une césarienne. Sans compter d’autres services gracieux pour la femme enceinte. On rappelle que 70% des agents de l’hôpital, seraient des contractuels. De l’avis de nombreux employés, le Centre médico-chirurgical du nordouest de l’île ne serait, aujourd’hui, que l’ombre de lui-même. «Les ambulances sont tombées en panne et pas une seule moustiquaire encore visible dans les chambres d’hospitalisation. De même, l’hôpital ne disposerait ni de femme de ménage, ni de gardien et les contractuels accusent à ce jour seize mois d’arriérés de salaires», a résumé un agent. Face à ce tableau, Soidikudine Ben Soilih appelle les autorités compétentes à se pencher «sérieusement et rapidement» sur la questionavant qu’il ne soit trop tard. «C’est la énième fois que nous sollicitons l’intervention du Gouvernement pour la survie des comoriens», serait-il entendu ?

 

Nazir Nazi

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