Le Président Azali semble uniquement préoccupé par son maintien au pouvoir

Le pays est confronté à trois grandes questions fondamentales, des questions posées et à résoudre qui pèseront lourds sur les destinées à court et long terme du pays. Il s’agit :
• De la question de l’île comorienne de Mayotte. Le contexte devrait permettre d’ouvrir une voie vers la suppression du visa Balladur et d’apaisement fécond d’unité nationale.
• Du scandale de la citoyenneté économique. Comment récupérer l’immense manne détournée et mettre le holà à la rapine des biens publics
• De la réforme des institutions. Comment parvenir à faire évoluer la Constitution du pays dans le sens du renforcement de la cohésion nationale et des capacités de l’Etat pour une lutte efficace contre la pauvreté afin d’ouvrir la voie à l’émergence économique.

Ces questions complexes présentent une forte dimension politicienne : la lutte pour le pouvoir. Un risque dangereux qui a manifestement pris le pas sur l’enjeu national. Cela peut mettre le feu au pays. D’autant que les perspectives de richesses pétrolières et gazières du pays peuvent ameuter les grands rapaces internationaux spécialistes en manœuvres en coulisses. Sans oublier la France qui veut perpétuer son annexion de l’île comorienne tout en cherchant à plonger sa main dans ce trésor.

Le Président Azali semble uniquement préoccupé par son maintien au pouvoir durant au moins les dix prochaines années. Une ambition bien entendu légitime, « KAVANA KANDZA BO DAWE »(un titre d’un succès musical). Une ambition cependant démesurée qui fausse la vision de « l’Imam » et engage le pays dans la voie de la confrontation pouvoir-opposition avec en pire, un piétinement arrogant des lois et un usage abusif des forces de l’ordre.

Le Président pense-t-il pouvoir imposer sa volonté par la force ? Un pari sur l’avenir qui n’est pas gagné d’avance. D’autant que même s’il parvient à mobiliser l’armée pour éteindre les incendies, des braises subsisteront, obstacles tangibles à l’apaisement nécessaire à la stabilité et au développement.

Pour sa part l’opposition semble miser sur la popularité du Président Sambi, capable encore de mobiliser les foules comme il l’a démontré à son arrivée au pays après plus de six mois d’absence. Elle croit pouvoir agiter le spectre d’un désaveu international des entreprises de manipulation des Constitutions dont certains dirigeants africains sont friands pour se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam. Des dirigeants de l’opposition, sans programmes, croyant que l’opposition au pouvoir suffit à les crédibiliser. Des dirigeants prêts à sacrifier leurs partisans.

Faire primer le pays ou sa volonté de pouvoir. Il n’y a pas de troisième voie. Le pouvoir et l’opposition ont choisi la lutte pour les fauteuils. Ils fourbissent leurs armes : Alliance autour du Président Azali et de l’autre côté Union de l’opposition. Jusqu’ici il n’existe pas encore de force politique ayant opté pour l’intérêt national à travers un programme politique clair et résolu. Restent les réseaux sociaux où des voix s’élèvent pour dire que ce pays n’appartient ni à Azali ni à Sambi. Il faut créer un front des patriotes pour offrir une perspective au pays.

Enfin on aurait pu s’illusionner, espérer que les uns et les autres respecteraient le mois de ramadan, qu’il y aurait un peu de paix et de calme. Rien, les provocations fusent de toutes parts. Comme d’habitude, les prêches et les proclamations sont une chose, la réalité une autre. « RIBA NA IBADA » a chanté un poète comorien. La religion n’est arborée que lorsqu’on cherche à l’instrumentaliser.

Peut-on croire à un sursaut du Président, qui se veut un homme pieux? En tout état de cause, tout dépendra de l’attitude du Président et c’est lui qui en répondra devant les hommes et devant Dieu.

« MGU NGE NASI » pria un rasta man comorien !

Idriss Mohamed

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