Le président de l’assemblée, Abdou Ousseni : ‘‘Occupons-nous de cette jeunesse, sinon elle ne tardera pas à s’occuper de nous’’

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Selon le président de l’Assemblée nationale,  l’année 2015 aura été une année d’épreuves et d’espérances. Il a rappelé «la longue et intenable pénurie d’eau et d’électricité qui a plombé le quotidien déjà difficile du Comorien et porté un sérieux coup à l’économie nationale.’’

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Le président de l’Assemblée nationale, Abdou Ousseni, a procédé hier, en fin d’après-midi à Hambramba, à la clôture de la session parlementaire ordinaire d’octobre. Devant certains membres du gouvernement, le deuxième personnage de l’Etat a fait un tour d’horizon de l’actualité nationale. Dans son discours d’une dizaine de minutes, perturbé par une coupure du courant électrique, il a évoqué la crise à El-Maarouf, l’éducation nationale, les élections, le paiement des fonctionnaires de l’Etat, le fioul lourd et, bien sûr, la loi de finances rectificative 2015 et celle de 2016.

Sur dix-neuf textes soumis à l’adoption des députés, huit ont été votés dont le budget 2016 «voté in extremis». Ce texte «permettra aux décideurs et aux différents partenaires économiques et financiers de notre pays d’aborder l’exercice budgétaire 2016 avec plus de visibilité et de lisibilité», a fait savoir Abdou Ousseni. Avant d’ajouter que ledit budget s’arrête, en recettes, à 48 milliards 820 millions de francs comoriens tandis que, du côté des dépenses, la somme s’élève à 49 milliards 151 millions.

Par ailleurs, l’adoption de certains textes phares, parmi lesquels le code des douanes, est vue comme un symbole qui permet de mieux affronter la question de la libre circulation des biens dans la sous région. «Un acte fondamental dans la dynamique de l’intégration économique et commerciale régionale, que nous appelons de tous nos vœux», a-t-il dit.

Elections

En outre, le patron de l’Assemblée nationale a fait savoir que «cette session s’est aussi soldée par le vote de certains projets de loi autorisant le président de la République à ratifier certains instruments juridiques internationaux tels que la Convention des Nations Unies sur la criminalité transnationale et la Convention de Minamata sur le Mercure».

Sur le chapitre des élections, il a affirmé qu’il s’agissait d’une période critique et décisive dans un pays tel que les Comores, «longtemps hanté par les démons de l’instabilité et les sirènes de la division». Sur ce, il appelle à plus de vigilance dans le but d’éviter «des appétits politiques insatiables pouvant précipiter la Nation vers le chaos et la désolation». Ainsi, «la représentation nationale appelle au civisme, au patriotisme et au sens de responsabilité des candidats pour qu’ils battent campagne dans la sérénité, en plaçant au centre de leurs préoccupations, la paix civile en priorité et l’Unité nationale», a déclaré Abdou Ousseni. Ce dernier estime, par ailleurs, que l’année 2015 aura été une année d’épreuves et d’espérances. Et de rappeler «la longue et intenable pénurie d’eau et d’électricité qui a plombé le quotidien déjà difficile du Comorien et porté un sérieux coup à l’économie nationale». Sur un ton encore plus solennel, Abdou Ousseni est revenu sur le chômage, qui touche les jeunes et a appelé l’exécutif et les cadres du pays à s’occuper très vite de cette jeunesse car, le cas échéant «elle ne tardera pas à s’occuper de nous».

Revoir la politique

Pour le président de l’Assemblée, le moment est venu de refonder l’administration publique, de repenser la gestion du pays, de réorienter l’économie afin de bâtir un modèle «dans lequel tous les acteurs au développement seront astreints à des obligations de résultats». L’intéressé somme les acteurs nationaux de mettre un terme à l’amateurisme dans tous les domaines, «y compris dans la politique, qui perd de jour en jour ses lettres de noblesse pour devenir un exercice de farce et de dérision». Enfin, Abdou Ousseni  a martelé que «l’Assemblée nationale, tout en reconnaissant les progrès accomplis, appelle l’exécutif à plus d’efforts et de transparence, mais aussi plus de dialogue et de concertation avec l’institution parlementaire. C’est bien là le gage de la cohésion nationale».

Abdallah Mzembaba/ Alwatwan

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