Le président de l’Assemblée: «Les députés de Juwa veulent commettre un coup d’Etat»

Accusé de vouloir imposer des conseillers non choisis à la régulière, d’avoir été élu à la présidence de l’Assemblée nationale de manière frauduleuse et de comploter contre le parti Juwa, le président Abdou Ousseni réplique : «C’est grave qu’un parti (Juwa, Ndlr), qui se veut exemplaire, crie à qui veut l’entendre que le président de l’Assemblée n’est pas en place. C’est un coup d’Etat. C’est de l’irresponsabilité».
 
Des députés qui en viennent aux mains, le fait est rare. Pourtant, c’est ce qui s’est produit, vendredi dernier, au Palais du peuple, à l’occasion de l’ouverture de la première session ordinaire annuelle de l’Assemblée nationale. Ces événements ont largement écorné l’image des parlementaires auprès de l’opinion.
Le président Abdou Ousseni tient ainsi à présenter «des excuses à la population au nom de l’institution». Dans un entretien qu’il nous a accordé avant-hier, lundi après-midi, il est surtout revenu sur les raisons de ce fiasco. «Certains députés ne respectent pas le fait qu’à l’Assemblée, c’est l’expression de la majorité qui doit l’emporter.
Ce n’est pas un comportement digne d’un élu de la nation». Et de pointer du doigt l’exécutif de Ndzuani. «Est-ce qu’on est dans un même pays, vu ce qu’il se passe à Ndzuani ? Des maires et des conseillers ne sont pas payés sous prétexte qu’ils sont de l’opposition.
Séparation des pouvoirs
Des élections ont été organisées à l’insu de tout le monde pour coopter les trois députés alors que les conseillers du Juwa n’avaient pas la majorité et le président du conseil lui-même n’avait pas la légitimité d’organiser ce vote.
Il faut ajouter également qu’un conseiller Juwa était à Dubaï au même moment et n’avait pas laissé une procuration. Nous sommes face à un régime prêt à tout. Il a déjà falsifié des documents pour élire Eridine Soula, celui-là même qui a signé seul le procès-verbal de l’élection du président du conseil alors que la signature du doyen d’âge était obligatoire». Selon toujours lui, quarante policiers auraient chassé du siège du conseil de l’île les conseillers de l’opposition.

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Accusé de vouloir imposer des conseillers non choisis à la régulière, d’avoir été élu à la présidence de l’Assemblée nationale de manière frauduleuse et de comploter contre le parti Juwa, Abdou Ousseni monte sur ses grands chevaux. «Il faut savoir tout d’abord que seul le président peut dissoudre l’Assemblée.
C’est grave qu’un parti (Juwa, Ndlr), qui se veut exemplaire, crie à qui veut l’entendre que le président de l’Assemblée n’est pas en place. C’est un coup d’Etat. C’est de l’irresponsabilité», a-t-il lancé, avant d’en remettre une couche : «J’ai lu l’interview du ministre de la Justice (publiée dans l’édition d’avant-hier de votre journal, Ndlr).


Il sous entend que ma présidence est illégitime, bien que la Cour constitutionnelle l’ait validée. On peut se demander si ces personnes ont réellement fait le droit. Comment peuvent-ils ignorer les dispositions de la Constitution. Ils ont pris en otage le président Azali sous prétexte qu’ils l’ont soutenu. Qu’ils sachent qu’au nom de la séparation des pouvoirs, l’exécutif n’a rien à imposer au législatif.»
De nouvelles dispositions
S’il dit n’avoir rien contre le parti Juwa, le président de l’Assemblée nationale jure que personne ne lui imposera des députés. «Une chose est sûre : nous allons voter des lois et contrôler l’action gouvernementale avec les députés de Ndzuani dont le procès-verbal est signé par le doyen d’âge.
Si certains députés veulent se balader ici et là et être payés, c’est leur problème». Il vient ainsi de prendre de nouvelles dispositions. Ainsi, a-t-il engagé des vigiles pour la sécurité interne et l’accès au parlement est désormais interdit au-delà des heures de travail.
Mohamed Youssouf / Alwatwan 

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