Le président Morsi et l’autorité judiciaire à la recherche d’un compromis

Manifestation, dimanche 25 novembre, près de la place Tahrir, au Caire.

Le président égyptien, Mohamed Morsi, rencontrera lundi 26 novembre des membres du Conseil supérieur de la magistrature pour tenter de désamorcer la crise déclenchée par la publication vendredi d’un décret élargissant les pouvoirs du chef de l’Etat. La plus haute autorité judiciaire du pays, le Conseil supérieur de la magistrature, semble chercher un compromis pour éviter une escalade, tandis que les opposants au président égyptien réclament le retrait total du décret qui, selon eux, menace la démocratie.

Mohamed Morsi a, de son côté, fait dimanche un geste en direction de ses adversaires en se disant prêt à dialoguer avec « l’ensemble des forces politiques » et en soulignant le caractère « provisoire » du décret lui attribuant d’importants pouvoirs. « Cette déclaration est jugée nécessaire pour que ceux qui se sont rendus coupables de corruption ou d’autres crimes sous l’ancien régime et la période de transition puissent rendre des comptes », a ajouté le chef de l’Etat. Pour lui, le texte n’a pas pour objectif de « concentrer les pouvoirs », mais au contraire de les déléguer, et également d’éviter une politisation de l’appareil judiciaire.

Lire : Le président égyptien souligne le caractère provisoire de ses pouvoirs élargis

Le décret vise aussi à « tuer dans l’œuf toute tentative » de dissolution soit de l’organisme chargé de rédiger la Constitution, soit la Chambre haute du Parlement, deux assemblées dominées par les islamistes alliés à Mohamed Morsi. « La présidence souligne son ferme attachement à parler à l’ensemble des forces politiques sous la forme d’un dialogue inclusif pour dégager un terrain d’entente et combler le fossé en vue d’un consensus national sur la Constitution ».

Pour la gauche, les libéraux, les socialistes et d’autres, le décret révèle les tendances autocratiques d’un apparatchik des Frères qui avait été jeté en prison sous l’ère Moubarak.

MANIFESTATIONS ET CONTRE-MANIFESTATIONS

Environ 500 personnes ont été blessées dans des heurts durant des manifestations depuis vendredi. Une attaque visant le principal bâtiment des Frères musulmans dans la ville de Damanhour, située dans le delta du Nil, a par ailleurs fait un mort et 60 blessés dimanche, selon le site du Parti liberté et justice (PLJ), émanant de la confrérie.

Manifestations et contre-manifestations étaient prévues à compter de ce dimanche après-midi et l’appel des Frères musulmans à descendre dans la rue après les prières. Plusieurs bureaux du PLJ ont été incendiés depuis le 22 novembre. Mardi, partisans et adversaires du « nouveau pharaon d’Egypte« , comme le surnomment ses détracteurs, sont invités à protester en masse, ce qui fait redouter de nouvelles violences.

Dimanche, la Bourse du Caire a plongé de près de 10 % au premier jour de sa réouverture après la publication du décret Morsi. Jamais les valeurs n’avaient accusé une telle baisse depuis la « révolution du Nil » qui a abouti en février 2011 à la chute d’Hosni Moubarak.

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