Le prix de notre développement

« Les comoriens lambda souffrent au quotidien et rêvent d’une libération rapide des carcans de leurs conditions de vie difficiles par un développement harmonieux de leur pays. Force est de constater que le développement de tout pays a un prix.
Pour ce qui est des Comores, notre développement suppose une transparence dans la gestion de nos ressources financières et un véritable plan de développement qui soit équitable.
En effet, les comoriens doivent entrer en discussions franches et sérieuses avec leurs dirigeants pour imposer la fin de la gestion opaque de leurs deniers publics et instaurer de façon permanente une gestion on ne peut plus responsable et contrôlé de notre argent.
Nous devons exiger de nos gouvernants qu’ils mettent à notre disposition ou du moins à l’opposition toutes les données relatives aux recettes mensuelles et annuelles de l’Etat y compris l’aide publique au développement mais aussi celles liées aux dépenses qu’ils effectuent. Ceci nous permettrait de garder un oeil vigilant sur l’action du gouvernement et éventuellement demander des comptes dans le cas où des incohérences seraient observées.
Dans un pays comme les Comores où même l’argent des mosquées est volé par des gens qui se disent musulmans, il est inacceptable de laisser des sommes colossales entre les mains de dirigeants qui étaient hier les gens ordinaires d’aujourd’hui. Il faut donc un contrôle permanent pour endiguer les détournements qui ont toujours été monnaie courante et qui semblent se poursuivre de façon alarmante.
Pour des Comores prospères et paisibles, un véritable plan national de développement est tout aussi nécessaire. Comme préalable à l’élaboration de ce plan, toutes les forces vives de la Nation doivent se mettre autour d’une table pour doter le pays d’une vision. Nous devons d’un commun accord définir les Comores de demain et planifier notre décollage économique point par point.
Ensemble, nous déciderons chronologiquement de ce que nous voudrons voir concrètement comme développement dans notre pays sur le long terme et encore une fois je précise que ce développement doit être équitable. Notre pays étant un archipel, il n’est pas judicieux de tout concentrer sur une seule île aux dépens des autres. Cette méthode avait séparé ce pays et menacé son unité.
Ainsi, se dégagera un plan indiquant exactement et dans les moindres détails ce que l’Etat est censé faire. Nos Présidents, élus démocratiquement, ne feront office que de garants du respect et de la mise en oeuvre de ce qui sera collectivement convenu.
Ainsi donc, le Président de la République, qui est pourtant censé être le symbôle de l’unité nationale, ne causera pas de frustration sur une île donnée en décidant unilatéralement de déplacer tel projet en faveur de son île d’origine.
Il est dans notre intérêt à nous tous de rompre avec l’époque où un Président vient imposer ses idées. Nous n’en voulons plus. Il est aussi dans notre intérêt à nous tous de stopper cette dangereuse marche à reculons: un Président qui vient avec ses idées et un successeur qui va dans le sens inverse.
Armons nous de la volonté nécessaire et nous verrons d’ici quelques années les fruits des nos efforts communs qui ne seront autre que des Comores enviées par les voisins et le monde entier. »
Babayou Houmadi

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