Le secrétaire général de la COI persona non grata aux Comores

Boléro est tombé en disgrâce aux yeux d’Azali son ancien compagnon.

Le comorien Hamada Madi Boléro, patron de la commission de l’océan indien, s’est fait humilier à l’aéroport de Moroni samedi 18 mai. Ce scénario est loin d’être le premier de cet ancien premier ministre d’Azali, tombé en disgrâce pour son « manque d’implication » dans la politique du régime en place.

C’est connu. Celui qui n’est pas avec le président Azali Assoumani est forcément contre lui. Le secrétaire général de la commission de l’océan indien fait partie de cette catégorie qui refuse de faire allégeance à un régime totalitaire malgré sa proximité avec le président Azali pour avoir été son premier ministre et chef de l’Etat par intérim au début des années 2000. D’après l’enquête menée par nos confrère de Hayba FM, le patron de la COI était à l’aéroport de Moroni samedi dernier en partance pour Madagascar.

« Bolero arrive à l’ancienne aérogare où se trouve le salon VIP officiel. D’ordinaire les agents du protocole, prennent les documents de voyage et les bagages et se chargent des formalités d’enregistrements et de police », souligne Hayba FM, qui assure avoir enquête « minutieusement ». Depuis quelque temps, les détenteurs de passeport diplomatique se présentent au comptoir pour un contrôle facial, mais les très hautes personnalités sont généralement exemptées du moins par certaines compagnies. Sauf que voilà. On demanda à Boléro d’aller à l’enregistrement dans la nouvelle aérogare, ce qu’il fit sans poser de questions.

Ensuite des policiers le suivirent pour qu’il y reste faire les formalités de police, alors que d’ordinaire, insiste la station radio, ces formalités sont assurées par les agents du protocole, pour toutes les VIP qui sont au salon. Sa mallette de cabine fut soigneusement fouillée…sans gants. L’alarme de la portique ayant sonné, l’ancien chef d’Etat par intérim est prié d’enlever ses chaussures. « Jusque là, vous citoyens amis de HaYba, hochez la tête en vous disant, et alors ? Le Bolero est un humain comme tout le monde. Enfin le pouvoir applique le principe d’égalité quand les Comoriens quittent le pays ! C’est déjà un pas dans la démocratie ! », continue avec sarcasme Hayba.

Bolero retourne alors au salon VIP. Mais ce n’est pas fini. Un policier vient lui dire que sa petite serviette n’a pas été fouillée. Il la lui prend, sort du salon et revient deux minutes plus tard. Apparemment rien d’illégal. Hayba qui s’étonne de la mobilisation (osons dire acharnement) des policiers sur Boléro, se demande si la consigne est venue du sommet de l’Etat. Car en effet, si les sacanners dans les aéroports sont destinés aux voyageurs, notons que tous les voyageurs ne sont pas traités au même pied d’égalité. Une femme avec un enfant, ou une personne très âgées, ne va pas se faire traiter de la même façon qu’une personne qui est dans le printemps de sa vie avec une santé de fer de surcroît. De même, un détenteur d’un passeport diplomatique sera traité avec beaucoup d’égard et de favoritisme qu’un autre avec un passeport ordinaire.

Le ministre des affaires étrangères Amine Souef ne subit pas à Moroni ce que subit le secrétaire général de la COI Boléro alors qu’ils sont dans le même niveau protocolaire. Seulement, aux Comores il y a des bénis et des brebis galeuses selon qu’on encense ou non le pouvoir.

En août 2018 le secrétaire général de la COI a évité de justesse une arrestation à Moheli, son île d’origine. Le fameux colonel Anrifi, celui-là même qui avait déclaré publiquement avoir reçu de l’argent du chef de l’Etat « pour en finir avec les opposants », avait tenté d’arrêter Boléro. Avec ses bras longs, ce dernier a fait des pieds et des mains pour éviter que le pays ne commette un incident diplomatique en arrêtant arbitrairement un diplomate de sa trempe. Boléro était accusé d’avoir ramené des mercenaires aux Comores pour déloger Azali.

Rappelons que tous les opposants de taille sont en prison, accusés soit de tentative de coup d’Etat soit d’atteinte à la sûreté de l’Etat. On se demande le sort réservé à l’ancien ministre de la défense quand il aura quitté ses fonctions de secrétaire général de la COI en juillet 2020, dans un an et deux mois plus exactement.

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