Le shikomori, un «outil indispensable au développement»

Selon l’enseignante et spécialiste du shikomori, Moinaecha Cheikh Yahaya, «chaque fois qu’un citoyen ne possède pas la langue de l’Etat, qu’il ne comprend pas la langue dans laquelle il sera jugé, la langue de la politique et de la vie publique, la langue dans laquelle ses enfants sont scolarisés, la langue de sa presse écrite, on peut considérer qu’il se pose un problème de démocratie».

Par Nassila Ben Ali 

La Journée internationale de la langue maternelle a été célébrée, mardi dernier, presque partout dans le monde. Aux Comores, l’événement a fait l’objet d’une table ronde au Centre national de documentation et recherche scientifique (Cndrs). Plusieurs amoureux du Shikomori, enseignants, étudiants, politiciens, entre autres, ont pris part à cette réflexion.
Après le mot de bienvenue du directeur du Cndrs, la Communauté Slam a enflammée l’assistance avec trois œuvres d’Ansoir, Intissam et Mohamed, sur la paix (amani), le rêve (tabiri) et le mariage consenti avant de laisser la place aux trois conférenciers pour leurs présentations.

Moinaecha Cheikh Yahaya axera son intervention sur la politique linguistique des Comores. Pour cette enseignante chercheuse de l’Université des Comores, quand une langue n’a pas le statut de langue officielle, ses locuteurs se retrouvent en marge des structures de l’Etat et de la gouvernance. «Ce qui pose des problèmes d’identité et de démocratie», dira-t-elle. Cette spécialiste du Shikomori soutiendra, par ailleurs, que chaque fois qu’un citoyen ne possède pas la langue de l’Etat, qu’il ne comprend pas la langue dans laquelle il sera jugé, la langue de la politique et de la vie publique, la langue dans laquelle ses enfants sont scolarisés, la langue de la presse écrite, on peut considérer que la démocratie n’est pas respectée. 

Aider à accéder au savoir-faire

«La langue est un vecteur des savoirs qui joue aussi un rôle important dans le développement des pays. Ainsi l’aménagement du Shikomori reste une étape importante dans l’adoption d’une politique linguistique», a-t-elle déclaré.
Pour sa part, Amroine Darkaoui, a rappelé les thèmes retenus au niveau international par l’Unesco et au niveau local, respectivement, «Vers des avenirs durables grâce à l’éducation multilingue» et «Le Shikomori et le développement». Pour ce responsable du ministère de l’Education nationale, l’aménagement du shikomori en vue de l’enseigner dans les écoles serait fructueux et pourrait aider à apprendre beaucoup dans les domaines du savoir : savoir-faire, savoir-être, savoir-apprendre et autres. «On apprend rapidement avec sa langue», rappelle-t-il citant, ainsi, une réflexion de spécialistes des langues.

Economiste de formation et ancienne personnalité du régime révolutionnaire d’Ali Soilihi, Youssouf Said Soilihi, a soutenu qu’un pays ne pouvait se développer sans l’usage de sa langue maternelle du seul fait que c’est celle connue part la plus grande majorité des citoyens. «Cela a été prouvé lors du régime d’Ali Soilihi. A cette époque tout le monde comprenait la politique du Mongozi, comprenait ce qu’il fallait faire. Il y avait une politique nationale de la langue, des mots ont été forgés et vulgarisés et tout le monde comprenait les messages du gouvernement», a-t-il expliqué.  
  

Alwatwan 

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