Le sort du parti Radhi toujours incertain

«A Ngazidja, l’idée est venue de tenir le congrès. Mais alors que du consensus général a été fixé la date du 7 janvier, le président du parti, Abidhar Abdallah, l’a reportée unilatéralement au 21». Ambiance au sein de la formation politique.

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Par Sardou Moussa

Au sein du parti Radhi (Rassemblement pour une alternative de développement harmonieux et intégré), la tension est au zénith. Entre ceux qui souhaitent l’organisation du congrès le 7 janvier prochain, et l’autre camp favorable aux prolongations jusqu’au 21, aucune conciliation ne semble possible. Ou bien peut-être est-ce le battage qui est tout simplement intense, dans les deux camps. Avant-hier lundi, à Domoni sur l’île de Ndzuani, ce fut le tour du secrétaire fédéral du parti au niveau insulaire, Mohamed Soulaïmane, et d’une douzaine de membres de la fédération régionale, de marquer leur positionnement vis-à-vis de cette brouille.

«Si vous maintenez votre divergence, ce sera la mort du parti, et ce sera à votre entière responsabilité», a averti Mohamed Soulaïmane, à l’intention du camp d’en face.   «Le parti traverse une crise de légitimité, car le mandat du bureau a depuis longtemps expiré. A Ngazidja, l’idée est venue de tenir le congrès. Mais alors que du consensus général est née la date du 7 janvier, le président du parti, Abidhar Abdallah, l’a reportée unilatéralement au 21», a-t-il ensuite rappelé.

Plusieurs intervenants lui ont, par la suite, emboîté le pas pour dire et redire la même chose : la date légale du congrès est bien le 7 janvier. Parmi ces intervenants, il y a eu Anouar Jaffar Abbas, membre du bureau national du parti, connu pour son verbe débridé. «La chose qui avait fait éclater la Crc sous Msaïdié est la même qui est en train de se reproduire aujourd’hui au sein du Radhi.

Mais cette fois on ne laissera pas faire ! Msaïdié et Abidhar dirigent le parti Radhi comme leur empire, et cela, nous ne pouvons l’admettre», a-t-il dit.  Sur un ton encore plus menaçant,  il a de même déclaré que «le non respect de la date du 7 pourrait conduire à l’organisation de deux congrès distincts». Après quoi, bien entendu, la scission du parti sera scellée.

Abidhar Abdallah et Houmed Msaïdié, respectivement président et secrétaire général du Radhi, ont en effet essuyé les tirs croisés des conférenciers tout au long de la séance. Ils ont été qualifiés d’«égocentriques». L’on a notamment reproché au dernier ministre de l’Intérieur d’Ikililou d’avoir «unilatéralement négocié son entrée» dans ce «gouvernement moribond», et d’avoir ensuite «mal géré son ministère». Quant à Abidhar, le présumé suppôt de Msaïdié, il ne maîtriserait pas les militants anjouanais, contrairement au secrétaire fédéral, Soulaïmane.

Il faut ajouter qu’en dehors du désaccord sur la date du congrès, le parti Radhi est divisé entre ceux qui souhaitent rester dans l’opposition et l’autre camp favorable à une alliance avec le parti au pouvoir, la Crc, sa matrice en quelque sorte. Et des deux blocs, les conférenciers de lundi ont déjà choisi le leur. «Il y a actuellement deux courants : Msaïdié et  Abidhar qui veulent trimballer les militants vers l’opposition, et Abdou Soefou qui souhaite nous rassembler autour du pouvoir en place. Nous saluons la démarche de Soefou», dixit l’impétueux Anouar.

Alwatwan

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