Le syndicat des agents de Comores Télécom part en guerre contre le code des investissements

« Notre inquiétude aujourd’hui se base sur les modalités qui vont permettre au nouvel opérateur de venir s’établir. […]Nous voulons une abrogation du code des investissements. Il est aujourd’hui inadmissible qu’on fasse venir un nouvel operateur et le laisser au bout de dix ou douze ans à ne rien payer à l’Etat », a déclaré Moustoifa Saïd Hassani, secrétaire général du syndicat des agents de l’opérateur public des télécommunications.wpid-screenshot_2015-06-05-13-17-31-1.png

 

Au lendemain de l’annonce par l’Autorité nationale de régulation des Tics (Anrtic) de l’octroi d’une seconde licence de télécommunications d’ici à fin août, le secrétaire général du syndicat des agents de Comores Télécom a communiqué au journal Al-watwan, la réaction de son syndicat. Moustoifa Saïd Hassani est venu donner, « au nom du personnel de l’opérateur public », son point de vue sur ce processus en cours. « Nous avons reçu la nouvelle avec beaucoup de fierté dans la mesure où ce processus fait partie d’un plan directoire établi depuis 1993.C’est ce plan qui avait recommandé la scission de la Société nationale des postes et télécommunications en deux entités, la création d’une autorité de régulation, puis l’ouverture du secteur des télécommunications à la concurrence », a-t-il rappelé. Mais le* syndicaliste tempère ses propos.

Selon lui, les inquiétudes des agents de l’opérateur public résideraient dans les questions relatives à la transparence. « Notre inquiétude, martèle-t-il, aujourd’hui se base sur les modalités qui vont permettre au nouvel opérateur de venir s’établir. Nous voulons que tout se passe dans la clarté. Il fallait un cahier de charges bien défini pour que la concurrence soit loyale ». Pour lui, les parlementaires doivent jouer un rôle au niveau du code des investissements. « Nous voulons une abrogation du code des investissements. Il est aujourd’hui inadmissible qu’on fasse venir un nouvel opérateur et le laisser au bout de dix ou douze ans à ne rien payer à l’Etat », a soutenu Moustoifa Saïd Hassani.

Il plaide pour une mise sur le même pied d’égalité du futur deuxième opérateur et l’opérateur historique. « Un même traitement en matière de paiement de taxes. Aujourd’hui, par exemple, si Comores Télécom fait venir des centraux aux Comores, il paie 49% au niveau des douanes. […] Si on suit la logique du code des investissements et que le nouvel opérateur ne paie rien au bout de dix ou douze ans, cela signifierait la faillite de Comores Télécom et naturellement la menace de ses employés ».

A en croire le chef syncaliste, une démarche est en cours du côté du syndicat de Comores Télécom pour faire la plaidoirie auprès du président de l’Assemblée nationale pour demander que des exonérations ne soient pas accordées au futur deuxième opérateur. « Si on l’exonère, a-t-il soutenu, pendant douze ans, évidement que le nouvel opérateur va vendre moins chers ses produits. Mais ces exonérations signifient aussi moins d’argent pour l’Etat et cela représente aussi une menace pour Comores Télécom ».

Sur la question que Comores Télécom exerce depuis bien longtemps une position de monopole dans le secteur des télécommunications national et que le vrai danger se situerait plutôt au niveau de la mauvaise qualité de services et produits offerts par l’opérateur public… »C’est vrai Comores Télécom récolte beaucoup d’argent, mais il investi. Regardez les agences commerciales au nouveau des îles. Et avec cet argent engrangé, la société participe au développement du pays avec les taxes versées chaque fin de mois et d’année. Par exemple, l’Ibd à 50% du bénéfice net, la taxe sur la consommation à 5%, l’Igr et aussi les taxes douanières », a défendu le secrétaire général.

Celui-ci lance un appel au régulateur pour garantir l’exécution de la loi et le respect du cahier de charges des operateurs. « Les institutions financières internationales ne devraient pas s’immiscer au processus d’octroi de la deuxième licence », a-t-il regretté.

Pour Moustoifa Saïd, la seule façon de sauver les employés de Comores Télécom serait de traiter sur le même pied d’égalité l’opérateur public et le futur deuxième opérateur. « Je crois pertinemment que nous avons chez Comores Télécom la qualité nécessaire en ressources humaines pour faire face à cette concurrence. Mais une fois que l’Etat fasse n’importe quoi, Comores Télécom fera faillite », prédit-il. Ils seraient au nombre de 1.500 agents chez l’opérateur historique, à en croire leur porte-parole.

Notons qu’en mai dernier, le gouvernement avait fini par retirer un projet de loi sur le transfert d’une liste d’actifs essentiels de Comores Télécom à une nouvelle société à privatiser. Un retrait causé par le tollé soulevé par les agents de l’opérateur contre le projet d’un plan de licenciement de près de 570 agents sur un effectif d’environ 1.159 employés au 31 mai 2012 (lire Al-watwan du 6 mai 2014).

Propos recueillis par
Kamardine Soulé/Alwatwan

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