Le vote de la diaspora, ce sera demain, pas aujourd’hui

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Monsieur Msaidié a rendu les armes dans le dossier du vote extraterritorial, concédant aux pessimistes et autres sceptiques que les choses n’étaient pas aussi simples qu’il voulait le faire croire aux non-avertis.

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Le ministre est allé à Canosa, non sans flatter quelque peu la diaspora tout en jetant son dévolu sur ceux qui ne croyaient pas au projet et qui le disaient. Il n’est pas dans mes intentions de faire, ici, l’avocat du ou des diable (s) mais de dire en toute honnêteté que faire voter la diaspora en ce moment appartient, au mieux, au monde du rêve et, au pire, du cauchemar.

Je vous fais économie de temps en évitant de me lancer dans une énumération de ce que tout le monde sait comme difficulté dans cette entreprise mais il me faudrait souligner que ce n’est pas parce qu’on le voulait qu’on le pouvait.

L’on sait déjà que le fichier électoral au niveau du pays n’est pas clean et demande un travail titanesque pour que les Comoriens puissent disposer d’un fichier électoral digne de ce nom. Cela, le ministre de l’intérieur le sait mieux que quiconque. Pour disposer d’un fichier électoral plus ou moins irréprochable, il faudrait commencer par avoir un fichier d’état civil fiable. Monsieur le ministre sait que celui-ci n’existe pas. Mais, passons.

En disant publiquement que les Comoriens résidant en France ne voteront pas en 2016, Houmed Msaidié a écarté la responsabilité du gouvernement dans l’échec, chargeant la commission électorale nationale indépendante (CENI), se refusant à reconnaître que l’échec était dû tout simplement à la précipitation avec laquelle il s’est lancé dans ce qui, dès le départ, a été jugé par tous comme impossible à réaliser.

Sous sa plume, dans sa missive du 24 octobre à la CENI, le ministre a eu tout bon et la CENI tout faux. Rien, de son côté, n’a fourché ; c’est la seule CENI qui a tout fait foutre le projet en l’air.

Sur sa page Facebook, caressant la diaspora dans le sens du poil, M. Msaidié lui a laissé croire que l’échec serait dû aussi aux poltrons, aux peureux redoutant le vote extraterritorial, semblant dire – il faut lire entre les lignes – que lui n’en avait pas peur, se montrant comme sûr d’emporter les suffrages de la communauté comorienne de France. Vu cette certitude, l’on ne saurait que comprendre le désarroi du ministre qui voit lui filer entre les doigts tous ces suffrages qu’il aurait engrangés.

Maintenant que le vent 2016 est passé, c’est l’heure de préparer le vote de la diaspora en toute quiétude pour les échéances futures. Car 2016 était déjà là, c’est-à-dire un peu tard, lorsque le ministre avait commencé à en parler.

Et quand demain, on en parlera, il faudrait penser global. Car la diaspora comorienne ce n’est pas que les Comoriens résidant en France. Il y a aussi ceux se trouvant en Egypte, au Sénégal, au Maroc, à Madagascar, en Amérique etc.

Mohamed Hassani / LGDC

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