Les 90 jours du gouverneur Hassane Hamadi, stratégie ou faiblesse ?

Trois mois depuis que le gouverneur Hassani Hamadi est entré en fonction pour mettre en application son ambitieux programme dit de « la rupture » ou du nouveau « départ », le nouveau gouverneur fait face aux défis de son engagement politique. Mais au delà des satisfactions et déceptions des uns et des autres, on  se demande où est  passée l’opposition au nouveau régime ?

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23 Mai – 23 Aout: il y a trois mois que Hassani Hamadi a été installé dans les fonctions du gouverneur de l’ile autonome de Ngazidja. D’habitude, on fait le bilan des « cent jours », mais on n’est pas minutieux et quelques bilan de sa gouvernance peut toutefois être tiré. D’abord, le gouverneur Hassani Hamadi parle moins et n’agit plus. Ce style fait-il de lui un gouverneur efficace ? C’est moins sûr. Est-il une stratégie ou faiblesse ? Nous le verrons plus tard. Mais ses partisans, qui demandent au peuple de ne pas se presser, n’ont rien  à dire de rassurant aux wangazidja. « Le bilan au plan social du gouverneur Hassani Hamadi est très médiocre. Pour l’instant, on ne voit pas grand-chose. Le licenciement des jeunes contractuels était mal vue par une partie de la population et a briser nos rêves sur lui. On a compris que Hassani Hamadi n’a pas à cœur que ces jeunes peuvent constituer une bombe sociale pour le pays. Mais pour le moment, le silence de cette situation n’inquiète guerre ni le gouvernement ni la société civile », a-t-il regretté Hassane Saïd, un jeune universitaire. Lui de précisé que « la crise énergétique qui a secoué le pays suivi des coupures intempestives d’eau ont également été une mauvaise publicité pour le gouvernement de Hassani Hamadi. Le régime de la rupture a du mal décollé ». 
Les 90 jours de Hassani Hamadi, c’est aussi sa très controversée déclaration du nouveau départ et de la rupture qui soulèvent bien des interrogations quant à sa réalité. « Hassane Hamadi nous a trahi, les Wangazidja attendaient des résultats économiques et vite. Ils attendent que leurs enfants trouvent du travail, soient formés et retrouvent espoir plutôt que désespoirs qui les ont fait braver au péril de leurs vies en mer entre l’Egypte et l’Italie et Anjouan et Mayotte. Le résultat de ces 90 jours est maigre. Nous n’avons eu qu’une baisse des prix des carburants et la baisse des denrées de première nécessité n’ont pas été suivi », a-t-il réagit Mahamoud Mchangama. Lui de prédire que « si Hassani Hamadi continue comme ça, il y aura toujours un manque et un vide dans la satisfaction des wangazidja qui ne se sentent pas encore mis devant les défis qu’ils auront à relever et qui sont gigantesques ». a lui d’ironiser que « Ye mnagari hadjaya cha katsudjuwa huroha », a-t-il ironisé. 
Les 90 jours de Hassani Hamadi  n’ont pas rompu avec les pratiques de nominations qui ressemblent à des promotions camarades, et qui ont ébranlé les plus fervents supporters de son élection. « On est bien loin des options fondamentales fixées à l’avance par le gouverneur Hassani Hamadi. De même, son gouvernement ressemble plus à un gouvernement de remerciement et non un privilège de compétences. La plupart des nominés sont des proches et alliés politiques à lui. On ne doute pas de leurs compétences, mais son gouvernement dite de rupture qui veut rompre avec les pratiques politiques anciennes, n’est pas de nature à rassurer beaucoup de gens qui avaient une conviction avec l’espoir de donner un nouveau visage à la vie sociale comorienne », s’est-il chagriné Bahaoudine Ali, un jeune cadre. 
Les 90 jours de Hassani Hamadi, ce sont surtout les audits internes dans les départements, du moins pour clamer ceux qui le croient, car on n’a encore pas vu grand-chose dans ce domaine très attendu par la population. « Le marasme qui semble s’installer, dans ce gouvernement, provient peut-être du manque d’une vision. Un sentiment de tâtonnement qui provient d’hésitations programmatiques et qui est masqué par la volonté de ce qui s’est fait de pire sous nos contrées, à savoir la pérennisation. L’action de ce gouvernement est noyée par ces nauséabondes pratiques polluée par la corruption autour des audits qui fait dire aux plus impatients qu’ils préfèrent voir de grandes décisions qui changent réellement leurs vies. Ce qui n’est pas vrai », a-t-il analysé Mohamed Ibouroi un professeur d’histoire.


Mais là n’est pas la question puisque l’on remarque que jusqu’ici il n’y a pas d’opposition réelle au pouvoir de Hassani Hamadi. Certes, il y a quelques critiques mais il n’y a pas de déclaration fracassante de la part d’une véritable opposition qui peut lui faire peur. « On fera observer un silence radio de l’opposition puisqu’elle ne sachant pas quoi dire pour critiquer l’actuel régime. Et il faut comprendre leur silence par le fait qu’elle craint d’être épinglé à tout moment, à tout acte de critique du nouveau pouvoir à cause des scandales et aux dilapidations qui ont fait et qui ont conduit ce pays dans le marasme économique et financier que nous vivons aujourd’hui », a-t-il ironisé Saïd Ali Saïd Ahmed.
Nakidine Hassane

1 commentaire sur Les 90 jours du gouverneur Hassane Hamadi, stratégie ou faiblesse ?

  1. Je pense qu’il est temps de se rendre compte qu’on ne peut se payer le luxe d’avoir des gouverneurs et des vices présidents pour représenter les îles alors que nous n’avions pas les moyens. Il faut réviser notre constitution pour supprimer une partie et adapter nos institutions à la réalité économique de notre pays.

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