Les Comores subissent la coopération régionale de la France

​A l’occasion de la visite du Président de l’Union des Comores en France en juin 2013, le Président français, François Hollande, avait déclaré, à l’issue de sa rencontre avec son homologue comorien le 21 juin 2013 à l’Elysée, que les deux pays travaillent pourune coopération régionale entre la France, Mayotte et la Réunion comprises et les Comores. La France utilise le terme de « coopération régionale » pour parler des relations entre Mayotte et les trois îles indépendantes des Comores. Ainsi, après avoir réussi à départementaliser cette île, elle est en passe de « normaliser » les relations entre son « département » de Mayotte et l’Union des Comores. Ce langage utilisé par la France et les mahorais pour évoquer les relations de « voisinage » entre l’île sous administration française et les trois iles indépendances des Comores est de plus en plus ci adopté par les autorités comoriennes qui n’hésitent pas à parler de « coopération régionale » entre les Comores et Mayotte.


A propos de cette coopération régionale, la loi du 11 juillet 2001 relative à Mayotte a créé le fonds de coopération régionale qui vise à encourager les initiatives locales (établissements publics, collectivités, associations, entreprises privées) en matière de coopération avec les pays de la zone sud-ouest de l’océan indien. Il est alimenté par des crédits de l’État (ministère de l’outre-mer), le FCR peut recevoir des dotations des collectivités locales ou de tout organisme public. Le comité de gestion, organe de fonctionnement du fonds de coopération régionale, décide des subventions à accorder aux porteurs de projet. Cette entité se réunit une à deux fois par an sous la co-présidence du préfet et du président du conseil général de Mayotte. Le comité de gestion soutient en priorité les initiatives vers les Comores, Madagascar et le Mozambique. Le 27 février 2013 à Mayotte, avait eu lieu la réunion du comité de gestion du fonds de « coopération régionale » en présence de l’Ambassadeur délégué à ce domaine, Philippe Leyssene et des représentants des ambassades de France des Comores et de Madagascar.194 000 eurosont été affectés par Mayotte à des projets de la coopération régionale, des projets qui étaient principalement mis en œuvre dans les trois îles indépendantes des Comores.
Cette « coopération régionale » est une coopération de saupoudrage et de « miettes » destinée à faire avaliser le statut de Mayotte auprès des autorités comoriennes et tout doucement, ces autorités tombent consciemment dans le piège.Depuis ce 19 juillet 2016, une délégation française est arrivée à Moroni en vue de relancer cette coopération régionale au point mort. Elle est composée des préfets de l’ile de la Réunion, de Mayotte et de Luc Hallade, Ambassadeur délégué à la coopération régionale dans l’Océan Indien et ancien Ambassadeur de la France en Union des Comores, signataire duCompte-rendu des réunions de concertation entre l’ambassade de France aux Comores et les représentants du gouvernement comorien tenues à Moroni les 24, 26 et 31 mars 2011 . Pour rappel dans ce compte rendu,  la partie comorienne avait réitéré sa demande de suppression, à terme, du visa d’entrée à Mayotte et que, dans cette attente, celui-ci puisse être délivré à l’arrivée sur le territoire, notamment pour les détenteurs de passeports biométriques, avec la mise en place d’un point d’entrée unique, portuaire et aéroportuaire. La partie française avait indiqué qu’elle est prête à examiner toute mesure d’assouplissement des conditions d’octroi ou de délivrance du visa d’entrée à Mayotte, dans le cadre de la problématique plus large de la circulation des personnes et des biens, sur laquelle de premiers échanges de vues ont eu lieu. 5 ans après cet accord, la France revient encore une fois dans une athmosphère tendue, marquée par l’ expulsion de plusieurs Comoriens de Mayotte et la destriuction de leurs habitations, pour défendre ses intérêts et sa coopération régionale et sa délégation de Préfets et d’Ambassadeurs a été reçue au palais présidentiel  de Beit-Salam par le Président de l’Union et le Ministre des Affaires étrangères….En matière protocolaire, on aura tout vu dans ce pauvre pays.

Comores Droit

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