Les Comores, un pays sans BOUSSOLES

Usuellement ce sont les programmes des principaux acteurs politiques qui indiquent les orientations. C’est ce qui permet aux citoyens de choisir une destination. Force est de constater que sous cet angle, notre pays semble voguer au gré des événements.

Le pouvoir actuel peut se prévaloir de réalisations. Certes il y à manger et à boire quand on s’aperçoit que la nouvelle centrale électrique commence déjà à tousser entraînant des délestages; quand des nids de poule refont surface sur certaines routes refaites. Mais tout de même on revient de loin, on ne peut nier ces actions surtout quand on se rappelle ce mois de ramadan dans le noir lorsque Ikililou-Mamadou-Msaïdié régnait. Le pouvoir avance une perspective : émergence 2030. Mais elle s’apparente à un slogan démagogique qui nous rappelle le « rehemani » de Taki ou la fin des « Nyumba za masatsa » de Sambi. On est loin d’un mot d’ordre de combat. Car l’émergence d’Azali ne revêt aucun contenu programmatique. Mieux ou pire, on ne perçoit pas une volonté politique de réunir le pays autour d’objectifs économiques et sociales. Le moins que l’on puisse dire est que chaque jour qui passe, éloigne le pays d’un consensus fécond et productif. Au contraire, on semble vouloir accuser les fractures, on alimente l’animosité.

Pour sa part, l’opposition s’est unie, s’est dotée d’une organisation, mais pas une once de programme. On est donc obligé de le considérer comme une union circonstancielle qui ne peut inspirer la moindre confiance. Le pays connaît en effet ce genre d’union sans lendemain, au sein de laquelle chaque dirigeant peut changer de veste à tout moment. Sans évoquer ceux qui semblent avoir un pied dans chaque camp. L’opposition s’avère incapable de mobiliser le pays avec simplement des critiques lapidaires contre le régime, contre cette tendance du président Azali à marcher sur les lois à sa convenance.

Le MOUROUA qui s’êst détaché de l’organisation de l’opposition, ne semble pas avoir les moyens de proposer une autre voie. Après plus de dix ans d’activité, force est de considérer que ses scores électoraux, montrent s’il en était besoin que ce parti est loin d’avoir réussi à s’imposer.

Le pays se trouve donc handicapé par l’état des partis politique comoriens. Ces derniers se sont peu à peu transformés en groupuscules opportunistes. La conquête du pouvoir étant bien évidemment hors de leur portée. La plupart des politiciens sont donc devenus des simples partisans d’une personnalité susceptible d’accéder au pouvoir ou des suivistes aveugles d’un dirigeant politique. Chacun espérant un jour obtenir un poste juteux à la mesure de sa fidélité.

Résultats le débat politique s’appauvrit. Arguties juridiques, promesses mirifiques sans consistance, parfois même des insultes grossières, « navigations » étranges, etc. agrémentent la scène politique comorienne.

La politique apparaît donc à une grande partie de la jeunesse comme un marécage puant qu’il faut absolument fuir. Les jeunes les plus actifs s’investissent dans la « société civile » où ils deviennent la cible du système des bailleurs de fond. L’esprit militant s’évapore au profit de menus avantages. Financement de projets, voyages, etc. distillent le venin d’une corruption subtile qui conforte l’abandon de tout engagement politique. Une sorte de cercle vicieux qui étouffe le pays

Depuis la disparition du Front Démocratique en tant que parti dynamique, réactif face à l’actualité politique, économique et sociale, la situation s’est aggravée. La politique dite du ventre s’est quasiment généralisée touchant même ceux qui semblaient incorruptibles. Pire aucune perspective ne pointe à l’horizon.

Au moment où des questions cardinales se posent : la crise à Maore, le respect des lois, les modifications substantielles de la Constitution, le citoyen se trouve complètement démuni, incapable de distinguer le vrai du faux.

Le jeune maître Moudjahid a donc mille fois raison d’appeler la jeunesse à réagir.

Idriss Mohamed

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