Les conseils nutrition d’Arnaud Assoumani : « Mangez du bon gras ! »

Champion paralympique et double champion du monde de saut en longueur, Arnaud Assoumani est un touche-à-tout. Quand il s’intéresse à quelque chose, il s’y intéresse à fond. Un exemple, ici, avec la nutrition.

 

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Décembre 2016, à La Plagne. Médaillé de bronze aux Jeux paralympiques de Rio (saut en longueur), Arnaud Assoumani fait partie des invités de la 15e édition des Etoiles du Sport. L’interview doit durer 10 minutes. Elle dépassera une heure. Intéressé par une multitude de sujets, il nous fait profiter de ses réflexions autour de la nutrition, notamment. Sans jamais se poser en donneur de leçons, ce n’est pas le genre de la maison.

« Je ne mange quasiment pas de sucre »

« Le gras, c’est essentiel pour le bon fonctionnement du corps. » La constatation peut surprendre. Mais Arnaud Assoumani ne dit pas ça au hasard. Il s’est documenté. Et, surtout, il a testé. « Le bon gras, c’est important, poursuit-il. J’insiste sur l’adjectif « bon ». Il en faut 20%. On peut même aller au-delà. Je suis aujourd’hui entre 20 et 30%. Pendant un moment, je n’en mangeais pas assez. Pour perdre du poids ou sécher, il ne faut surtout pas enlever le gras et les glucides. »

Que mange-t-il alors ? « Le matin, je prends des œufs brouillés, du saumon fumé, de l’avocat… Et, parfois, des jus purs comme du citron, pour nettoyer le foie. Le midi, des légumes et des laitages. Et le soir, des glucides naturels – une seule fois dans la journée, soit des tubercules (patates douces, taro), soit du riz -, avec des légumes. On doit en consommer mais pas trop, c’est inflammatoire. Il faut surtout limiter le sucre. Je n’en mange quasiment pas, hormis par l’intermédiaire des fruits, ce qui est naturel. Ce n’est pas une contrainte pour moi. Pour autant, je ne suis jamais en hypoglycémie. Avoir un taux de sucre régulier dans le sang, c’est important. »

Arnaud Assoumani lors de la 15e édition des Etoiles du Sport (EDS/Corinne Dubreuil).

Arnaud Assoumani lors de la 15e édition des Étoiles du Sport (EDS/Corinne Dubreuil).

« En Suède, ils ont une alimentation riche en gras et faible en glucides. Ce sont des précurseurs. Les recommandations internationales sont en train de changer. On a désigné un bouc émissaire, qui est le gras, mais le problème n’est pas là. En France, c’est dans le Sud-Ouest que l’on a le moins de problèmes cardio-vasculaires, et pourtant, c’est là-bas que l’on mange le plus gras. De manière plus générale, on a déjà cette alimentation dans l’Hexagone.

« Continue de manger du fromage, Mamie »

C’est ce que les Anglo-Saxons appellent le paradoxe français : on mange du pâté, du fromage, de la charcuterie, etc., et on est plutôt en bonne santé. C’est pour ça que lorsque ma grand-mère me dit : « mon médecin me demande de manger moins de fromage », je lui réponds : « continue de manger du fromage, Mamie. Prends moins de confiture ou même moins de pain, mais prends ton verre de vin rouge par jour aussi, c’est très bien » (sourire). »

« J’ai fait un programme à mon père, qui est… nutritionniste ! »

Il n’y a pas qu’à sa grand-mère qu’Arnaud Assoumani fait partager son expérience. Son père, qui est pourtant nutritionniste, l’écoute aussi ! « J’ai fait des programmes à certaines personnes, qui ont progressé, comme mon père (rires) ! Il a changé son alimentation et retrouvé sa taille de 25, 30 ans, pour être en meilleure santé aujourd’hui ! Il s’est pris une claque parce que ce que je lui disais ne correspondait pas à ce qu’on lui avait appris. Un exemple : le jaune d’œuf, on entendait, nous sportifs, qu’il fallait l’enlever. On limitait beaucoup le gras. Pourtant, on s’est rendu compte que c’était très bon pour lutter contre certaines maladies (du type perte de mémoire).

Pour les efforts aérobie que demandent le demi-fond ou le triathlon, c’est également plus intéressant d’avoir une alimentation qui se rapproche de celle dont je vous ai parlé pour ne pas avoir d’hypoglycémie… C’est un sujet vraiment intéressant, j’ai fait beaucoup, beaucoup de recherches… » Une fois l’interview terminée, pas impossible qu’il s’y soit remis d’ailleurs… A moins qu’il n’ait déjà trouvé un autre sujet d’étude.

équipe.fr/Julien GIOVANELLA

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