Les deux Soudans s’engagent à fixer un calendrier pour- une sortie- de crise

5 janvier 2013

Les deux Soudans s’engagent à fixer un calendrier pour- une sortie- de crise

 

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn accueille le président sud-soudanais salva Kiir, le 5 janvier 2013 à Addis Abeba ©AFP

 

ADDIS ABEBA (AFP) – (AFP)

Les
présidents soudanais Omar el-Béchir et
sud-soudanais Salva Kiir se sont engagés samedi à
Addis Abeba à fixer un calendrier pour relancer
l’application d’accords essentiels, au point mort depuis
trois mois, portant notamment sur le partage des ressources
pétrolières, ont annoncé les médiateurs.

Avec cette annonce est apparu l’espoir d’une avancée
dans le règlement des graves différends entre les
deux Soudans, financièrement exsangues depuis
l’arrêt par le Soudan du Sud il y a un an de la
production de pétrole, qui transite par les
oléoducs du Soudan pour être exporté.

Les contentieux entre les deux pays portent principalement
sur le partage des ressources pétrolières, le
statut des ressortissants de chaque Etat sur le territoire
de l’autre, le tracé des frontières et l’avenir de
la zone frontalière d’Abyei disputée entre les
deux pays.

Le médiateur de l’Union africaine (UA), l’ancien
président sud-africain Thabo Mbeki, a affirmé que
les deux présidents s’étaient engagés à
trouver un accord et à l’appliquer « sans
condition ».

« Nous préparons un cadre pour l’application de tous
les accords existants avec un calendrier », a
déclaré Thabo Mbeki, ajoutant que l’UA
complèterait ce calendrier avant le 13 janvier.

Les accords, signés pas MM.el-Béchir et Kiir en
septembre 2012, n’ont toujours pas été mis en oeuvre.

A
l’époque, les deux présidents s’étaient mis
d’accord sur les modalités de reprise de la production
pétrolière de Juba, dont l’exportation dépend
des oléoducs du Nord et dont l’arrêt par Juba
depuis janvier 2012, après un désaccord avec
Khartoum, a mis les économies des deux pays à
genoux.Ils avaient aussi décidé la mise en place
d’une zone-tampon démilitarisée à leur
frontière commune.

Mais la production pétrolière n’a toujours pas
repris et la délimitation de la zone-tampon continue de
poser problème.

Le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, qui
a accueilli les négociations, s’est dit « très
satisfait » du progrès des discussions. »Je suis
très heureux de voir que les obstacles ont disparu et
que l’application (des accords) puisse reprendre »,
a-t-il dit à la presse.

Positions figées sur Abyei

Le Soudan du Sud est devenu indépendant en juillet 2011
en vertu d’un accord de paix qui a mis fin à une longue
guerre civile (1983-2005, deux millions de morts).Mais les
questions restées en suspens enveniment les relations
entre les deux pays et des combats au printemps les avaient
conduits au bord d’un nouveau conflit.

Pour ces nouveaux pourparlers orchestrés par l’UA, les
dirigeants des deux Soudans étaient arrivés
vendredi en fin d’après-midi dans la capitale
éthiopienne et avaient d’abord entamé des
discussions, chacun à leur tour, avec les
médiateurs, selon des diplomates et une journaliste de
l’AFP.

Ce sommet, qui se
déroule au palais présidentiel éthiopien,
intervient alors que l’armée sud-soudanaise a de
nouveau accusé jeudi les forces soudanaises de l’avoir
attaquée dans l’Etat sud-soudanais du Bahr el-Ghazal
occidental (nord-ouest).

Le négociateur principal de Juba, Pagan Amum, a
qualifié de « malheureuses » les attaques au sol
et les bombardements aériens mercredi et a
souligné que le climat des pourparlers en avait pâti.

Avant les discussions, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et
la Norvège avaient publié un communiqué
commun demandant aux armées des deux pays de « se
retirer immédiatement » de la zone frontalière.La reprise de la production de pétrole est
« particulièrement importante pour les deux
économies et ne devrait pas être retardée par
les négociations portant sur d’autres questions »,
avaient-ils relevé.

Les deux dirigeants, qui ne se sont pas exprimés
directement devant la presse, ont toutefois été
vus souriants et se serrant la main après la
réunion, aux côtés de Mbeki et Hailemariam.

Les positions sont en revanche restées figées sur
Abyei, une zone grande comme le Liban, riche en pétrole
et revendiquée par les deux pays.En mai 2011,
l’armée soudanaise avait envahi cette région,
contraignant les quelque 100.000 habitants à fuir,
avant de l’occuper pendant un an.A présent, la zone
d’Abyei est contrôlée par des casques bleus éthiopiens.



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