Les enfants migrants à Mayotte

A force de rappeler les violations flagrantes par l’Etat français des droits de l’enfant à Mayotte, ce blog participe à la sensibilisation de l’opinion nationale et mondiale sur cette dramatique situation humanitaire qui n’attire pas l’attention des medias et de la communauté internationale. Nous étions les premiers dans ce blog à faire le lien entre lemort de l’enfant syrien Aylan Kurdi dont la photo du corps échoué sur une plage turque a ému le monde entier avec la situation des enfants migrants comoriens à Mayotte. Depuis les médias locaux et internationaux parlent de plus en plus de la situation dramatique de ces enfants migrants comoriens qui meurent parfois dans la traversée maritime entre les iles d’Anjouan et de Mayotte.

Les « Aylan Kurdi », on en compte des dizaines par an dans ce bras de mer sinistre qui est devenu le plus grand cimetière marin du monde. Et contrairement à Aylan Kurdi qui a droit à des funérailles dans son village natal en Syrie, les enfants migrants comoriens qui périssent dans ce bras de mer, n’ont pas droit à des sépultures.

Ce 9 septembre 2015, la chaine de télévision de l’outre-mer française « France ô » a consacré son magazine « investigation » à la question des migrants dans l’ile de Mayotte sous administration française. Le reportage a été consacré à la migration sanitaire qui a pour conséquence de saturer le centre hospitalier de Mayotte et la situation des mineurs isolés. Un reportage choc, mais partisan qui fait fi du différent territorial qui oppose les Comores et la France et les liens familiaux séculaires qui unissent les habitants de l’archipel des Comores. Le journaliste parle de voisinage avec « l’un des pays le plus pauvre au monde ».

La migration entre Anjouan et Mayotte a des multiples conséquences. Et la répression de l’immigration dite irrégulière à Mayotte a des conséquences sur les multiples droits des enfants notamment celui de vivre auprès de leurs parents. Plusieurs enfants sont ainsi séparés de leur famille du fait d’une expulsion de parents en situation irrégulière. Ces expulsions massives mettent l’enfant en danger en le privant de la protection parentale. Les acteurs sociaux auprès des migrants à Mayotte soulignent que le durcissement de la politique migratoire, et en particulier la hausse importante du nombre d’expulsions, se traduit par un nombre non négligeable d’enfants restés à Mayotte sans leur parent ou tuteur légal. Ces enfants deviennent de fait des enfants séparés et des « mineurs isolés ». Le reportage de « France ô » montre le travail formidable réalisé par des bénévoles en vue d’apporter une assistance médicale et juridique à ces mineurs isolés qui sont souvent déscolarisés.

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A Mayotte, les migrants irréguliers sous le coup d’une mesure d’éloignement de la préfecture sont menés au centre de rétention, et pour beaucoup d’entre eux conduits directement au point d’embarquement maritime ou aérien prévu pour leur départ. Ces expulsions souvent rapides, de nombreux enfants ou bébés sont laissés à des voisins, parents ou amis ou de la famille. C’est ainsi que des enfants de parents expulsés se retrouvent, de plus en plus nombreux, totalement livrés à eux-mêmes ». Ces enfants se retrouvent sans structure familiale et « survivent à Mayotte entre les décharges et les abords des supermarchés, à l’entrée desquels ils mendient.

Les plus jeunes enfants concernés peuvent avoir quatre, cinq ou six ans ». Soit les parents ont été éloignés très rapidement sans que l’on ait pris la précaution de vérifier la présence d’enfants sur le territoire de Mayotte ; soit les parents eux-mêmes préfèrent ne pas signaler la présence de leurs enfants. Les parents, et particulièrement les mères expulsés retournèrent à Mayotte dans un temps relativement court dans des embarcations de fortune au risque de leur vie. D’ailleurs plusieurs parents périssent dans ces traversées dangereuses laissant ainsi des orphelins qui errent dans les rues de Mayotte. Face à l’intensification de la lutte contre l’immigration dite clandestine par les autorités françaises, le taux de retour des mères expulsées de Mayotte baisse, ce qui aggrave la situation des « mineurs isolés » qui sont près de 6000.

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Le reportage de France Ô a mis en lumière la détresse des migrants comoriens dans cette île « isolée » volontairement de son environnement géographique immédiat par des politiques inadaptées qui encouragent plus de répression et moins de « coopération ». Une situation désastreuse qui mine le développement socio-économique des 4 iles de l’archipel des Comores.

Comores Droit

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