Les enseignants menacent de boycotter les concours d’entrée à l’Université

Le syndicat des professeurs souhaite faire pression pour l’organisation rapide du scrutin du second tour du président de l’Université. Les enseignants ont, depuis des semaines, bloqué la validation des examens du deuxième semestre. De quoi alimenter la psychose d’une rentrée 2018 mouvementée à l’Université des Comores.

Les enseignants de l’Université des Comores menacent de boycotter les concours d’entrée à l’établissement si les autorités, le ministre en charge de l’enseignement supérieur n’organise pas d’ici là le second tour de l’élection du président de l’institution. Une mauvaise nouvelle pour les nouveaux bacheliers qui attendaient une rentrée 2018 sereine et sans encombre au sein de l’unique université du pays. Ce sont surtout les nouveaux rentrants souhaitant s’inscrire dans les écoles et instituts qui seront pénalisés en premier puisque les concours pourraient être retardés voire même boycottés par le corps enseignant.

Les enseignants de l’Udc, réunis en assemblée générale samedi 28 juillet, ont en effet décidé de ne pas participer dans l’organisation des concours de cette année. Le bureau du syndicat a d’ores et déjà notifié le président par interim à travers une lettre officielle. Au cours de cette assemblée ayant réuni une soixantaine d’enseignants deux points étaient à l’ordre du jour : la requête formulée par les étudiants demandant la délibération des examens et la mise sur pied du comité intérimaire que le gouvernement «tenterait» de mettre en place pour faciliter la reprise du processus électoral.

Recomposer les deux conseils

Concernant le premier sujet, l’assistance continue de camper sur ses positions : «hors de question de valider quoique ce soit». «Les étudiants doivent exprimer leur mécontentement», car, disent-ils, «depuis le déclenchement de la grève, les autorités n’ont pas cherché à relancer le dialogue». En un mois, «rien n’a avancé», regrettent-ils.
Quant à la question du comité intérimaire, pas de changement de position non plus. : Le syndicat est le seul interlocuteur des enseignants de l’université. Surtout dans cette période de crise. Dans ce même ordre d’intérêt, le syndicat des enseignants doute des manœuvres qui seraient en cours au sein de ce comité qui se réunit «en catimini», pour, selon des indiscrétions, modifier les textes de l’Udc.

La grève en cours s’est invitée aux débats de l’assemblée générale. A en croire, le secrétaire général du Sneuc et un des organisateurs de l’Ag, Hassane Youssouf, cinq enseignants ont accepté d’aller renforcer le Sneuc. Une sorte de comité de crise a vu le jour pour mener à bien le combat. Ce dernier, est revenu sur ce que lui et ses collègues qualifient «de manœuvres destinées à saper l’autonomie» de l’université. «Ils essaient de nouer des contacts avec certains enseignants pour nous diviser. Nos textes sont en train d’être remis à plat. Par exemple, le transfert de notre fichier à la fonction publique. Donc, une intégration dans le système Gise. Si ce processus se concrétisait, nous verrons nos indices disparaître parce qu’ils n’existent pas là-bas. Nous ne cautionnerons jamais ce changement de textes à condition que nos indices soient gardés», tranchera le syndicaliste.

Autre sujet d’inquiétude qui taraude les esprits, la recomposition du conseil d’administration et du conseil scientifique. Les textes en cours de préparation pourraient modifier l’équilibre des forces au sein du conseil d’administration (six membres en ce moment, Ndlr,). Même chose au niveau du conseil scientifique dans lequel l’Etat compte quatre représentants.

Les nouveaux textes pourraient modifier le mode de nomination des doyens jusqu’ici élus par les enseignants de la faculté conformément aux statuts de l’Udc. Le secrétaire général du Sneuc, citera l’élection du président de l’université qui sera soumise au conseil d’administration. «Toutes ces réformes que j’ai citées sont en préparation. Nous ne baisserons jamais les bras. Désormais ce n’est plus une question d’élection mais de la survie de l’université. Raison pour laquelle, nous travaillons avec le personnel Iatos ainsi que les autres acteurs», a t-il martelé au cours de notre entretien.

Abdou Moustoifa / Alwatwan

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