Les innommables actes du 12 juillet 2016

​Le choc est terrible, le traumatisme difficile à évaluer par nous, simples citoyens, les conséquences désastreuses pour le pays, le message on ne peut plus fort et clair. Comme bon nombre de Comoriens l’avons exprimé sur les réseaux sociaux, les évènements survenus à Mutsamudu ce mardi 12 juillet ne PEUVENT NI NE DOIVENT rester sans réactions adéquates de la part de la justice comorienne et des responsables politiques, étatiques. Un meurtre a eu lieu. Commis par un homme sujet à des pulsions meurtrières chroniques ou ayant sa raison au moment de l’acte? Un récidiviste ou pas? Un Mohélien, et alors? C’est un être humain. C’est un citoyen comorien.
Cet acte a été suivi, quelques heures plus tard, ce 12 juillet 2016, par d’autres actes commis, cette fois, par d’autres citoyens comoriens ayant à priori leur tête sur les épaules, n’étant pas connus comme des meurtriers ni des récidivistes. Des actes d’une barbarie inouïe, dénués de toute humanité, mettant en cause la perception d’un peuple paisible et profondément gentil que nous tous comme les étrangers avions sur les Comoriens. Des actes sauvages et intolérables pour tout être humain et qui ne peuvent pas rester impunis lorsqu’ils sont commis dans une société humaine dotée de règles et gouvernée suivant des coutumes comme celles qui existent en Union des Comores. Ces actes inqualifiables donc par leur violence et dont les conséquences sont incalculables, nous interpellent tous. Les causes sont multiples, certes, mais ne les justifient aucunement. Banaliser ce que nous venons de vivre serait criminel pour notre identité et pour la sécurité de tous. La nécessité de punir les auteurs est urgente. Les auteurs directs, prioritairement, ceux qui ont battu à mort cette personne, jeté dans les flammes sa dépouille, coupé le bras et l’ont brandi tel le trophée de je ne sais quelle victoire macabre, traîné le reste du corps le long de la route …. Les auteurs indirects aussi et sévèrement ! Qui sont les fonctionnaires de l’état dont l’unique mission est de lire et appliquer la loi.


La justice de notre pays est CORROMPUE. Ce n’est pas le seul domaine concerné. La corruption gangrène tous les secteurs, à commencer par l’éducation que nous donnons à nos enfants dans le cercle familial. Mais, lorsque le juge est corrompu, tout est FOUTU! Et c’est ce qui se passe aux Comores. Qui d’entre nous n’a pas perdu confiance en l’honnêteté de nos juges? Les témoignages seraient innombrables si un appel à témoins des personnes victimes de nos tribunaux était lancé. Désabusés, les Comoriens ont compris et malheureusement intégré qu’ils sont livrés à eux-mêmes. Aucune garantie ne leur est donnée par l’institution qui n’a pourtant de raison d’être que parce qu’elle doit garantir nos droits et nous rappeler nos devoirs. Une majeure partie de nos juges vivent au-dessus de leur revenu officiel. Ils seraient incapables de justifier le train de vie qu’ils mènent, les biens qui leur appartiennent.
Un Avocat vient d’être nommé ministre de la justice au sein du nouveau gouvernement du President Azali Assoumani. Un avocat qui nourrit l’ambition de devenir, un jour, le 1er magistrat du pays. N’est-il pas vrai qu’il est mieux placé pour prendre la mesure des faits et les mesures qui s’imposent? Ce message s’adresse à monsieur le Ministre de la justice, Garde des sceaux de mon pays, et à travers-vous au Président de la République. Monsieur le Ministre, Quelles réponses allez-vous donner aux questions que nous nous posons sur la justice dans notre pays? Quels actes allez-vous poser pour rétablir en nous, la confiance « perdue  » en la justice de notre pays? Quand est-ce que les auteurs des actes innommables perpétrés sur le citoyen comorien « présumé innocent » et sur sa dépouille vont être poursuivis ? Tous les Comoriens attendent des réponses immédiates, à la mesure des faits, revendiquent des actes concrets et non plus de promesses de campagne qui ne restent que des promesses.
Chouhoura Abdallah-Minas

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