Les partisans du président Morsi manifestent au Caire

Des membres d'Al-Azhar ont participé samedi 1er décembre à la manifestation de soutien au président Mohamed Morsi devantl'université du Caire, en Egypte.

Plus de 50 000 personnes se sont rassemblées, samedi 1er décembre, au Caire pour exprimer leur soutien au président Mohamed Morsi, cible de vives critiques depuis qu’il a élargi par décret le champ de ses prérogatives la semaine passée. Cette démonstration des partisans du chef de l’Etat face à une contestation laïque qui a pris une tournure violente intervient quelques heures avant que ne lui soit présenté le projet de nouvelle constitution.

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Le texte a été approuvé, vendredi après 19 heures de débats, par l’Assemblée constituante dominée par les islamistes. Il devrait être remis à Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, samedi à 19H00. Le nouveau président égyptien devrait alors annoncer la date à laquelle aura lieu le référendum destiné à ratifier le projet de loi fondamentale et lui donner un caractère institutionnel dans un délai de 15 jours.

« Le peuple veut l’application de la loi de Dieu », scandaient les manifestants, brandissant des drapeaux et réunis près du campus de l’université du Caire. Les islamistes, qui ont renoncé à se réunir place Tahrir pour éviter toute confrontation, souhaitent faire des rassemblements de samedi une démonstration de force après la mobilisation des manifestants anti-Morsi ces derniers jours. La confrérie des Frères musulmans, formation politique la mieux organisée du pays, et ses alliés salafistes du parti Al-Nour s’estiment en mesure de mobiliser suffisamment d’électeurs pour remporter le référendum.

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Des partisans du président Mohamed Morsi manifestent au Caire, samedi 1er décembre 2012.

L’OPPOSITION POURSUIT SES MANIFESTATIONS

Plusieurs milliers d’Egyptiens ont en effet une nouvelle fois participé vendredi à des manifestations au Caire, à Alexandrie et dans plusieurs autres villes dans le Delta du Nil et le long du canal de Suez. « Le peuple veut la chute du régime », ont scandé les manifestants rassemblés place Tahrir, symbole de la révolution qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011. Deux personnes ont été tuées et plusieurs centaines d’autres blessées lors des manifestations organisées par les forces de l’opposition qui accusent Morsi de se comporter en dictateur.

Les tensions entre la population et le nouveau chef de l’Etat sont montées d’un cran le 22 novembre dernier avec la publication d’un décret qui élargit les prérogatives de Mohamed Morsi. Ce décret empêche toute contestation des décisions présidentielles dans l’attente de l’élection d’un nouveau parlement, ce qui ne devrait pas intervenir avant mi-2013. Le président égyptien, qui insiste sur le caractère temporaire du décret, affirme que le texte ne vise pas à concentrer les pouvoirs mais au contraire à les déléguer et éviter une politisation de l’appareil judiciaire.

Outre la contestation de la rue, Mohamed Morsi doit composer avec une fronde de la magistrature qui soupçonne le chef de l’Etat de vouloir remettre en cause l’indépendance de la justice. Les critiques adressées par les juges ont été accueillies vertement par les Frères musulmans, cibles des tribunaux d’exception et victimes de condamnations arbitraires sous le règne de Moubarak. Les islamistes rappellent que de nombreux magistrats encore en poste aujourd’hui ont été désignés sous l’ancien régime. « Morsi, vas-y nettoie l’appareil judiciaire, nous te soutenons », ont lancé les manifestants.

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