Les problématiques de l’enfance négligées!

Cette semaine, au Sénégal, le Président Macky SALL, dans le Conseil des Ministres de ce mercredi 21 juin 2017, a entamé une communication autour de la protection des personnes vulnérables, des droits et du bien-être des enfants. Le Chef de l’État sénégalais a saisi l’occasion de la célébration de la Semaine nationale de l’Enfant, pour réaffirmer la priorité qu’il accorde à la mise en œuvre consensuelle du plan d’actions issu de la Stratégie nationale de Protection de l’Enfant, en particulier la santé maternelle et infantile, la scolarisation et l’éducation des enfants. A ce titre, le Président du Sénégal a demandé à son Gouvernement de poursuivre la campagne nationale de communication ainsi que les actions concertées visant le retrait intégral des enfants de la rue, la lutte contre la maltraitance et le travail des enfants, de même que les agressions et autres violences à leur encontre. En outre, le Chef de l’État sénégalais a invité son Gouvernement à mieux encadrer les interventions des organisations, associations et bonnes volontés, dans le secteur de l’enfance, à évaluer le dispositif institutionnel de protection des enfants, et à finaliser le projet de Code de l’Enfant.
 
Aux Comores, la célébration de la journée de l’enfant africain le 16 juin dernier dans l’ile de Mohéli n’a pas été honorée par aucun membre du Gouvernement. Et pourtant c’ est sous le haut patronage du Ministre de la Santé, de la Solidarité, de la Protection Sociale et de promotion du Genre que la commissaire Nationale de la Solidarité, de la Protection Sociale et de promotion du Genre en partenariat avec l’UNICEF, a organisé cette célébration de la journée de l’enfant Africain à Fomboni- Mohéli. Le Ministre qui a été saisi par courrier par la Commissaire National au Genre n’a pas jugé nécessaire d’informer le Gouvernement de la tenue de cet évènement et encore moins de faire le déplacement à Fomboni pour honorer de sa présence, cette cérémonie placée sous son patronage. Le chef de l’Etat, Azali Assoumani arrivé dans l’ile le 15 juin en provenance d’Anjouan est reparti le 16 juin au petit matin en compagnie du Gouverneur de l’ile autonome de Mohéli, sans prendre la peine d’honorer de sa présence à la fête des enfants Comoriens.  Cesenfants qui représentent près de la moitié de la population comorienne.
 
Les problématiques de l’enfance son malheureusement négligées par les responsable politiques de ce pays. Et pourtant, la situation des enfants Comoriens se dégrade. Les différentes études, enquêtes qui ont été menées au cours de ces dernières années, notamment « l’enquête démographique Santé couplée avec « l’enquête à indicateurs multiples » (EDS/MICS) en 2012 ont relevé des nombreuses violations des droits de l’enfant, en général et de ceux des plus vulnérables, en particulier. Ainsi, l ’enfant Comorien, souffre de plusieurs maux qui concernent sa protection. Il est ainsi victime de diverses exploitations économiques, de mauvais traitements, d’abus sexuels, mais également d’abandon. Cette situation crée des groupes marginaux, de plus en plus vulnérables, des enfants de la rue, mais également des délinquants, qui nécessitent des mesures de protection particulière.
 
Les capacités du Gouvernement  à garantir le droit des enfants à être protégés sont très limitées. Les lois qui les protègent les enfants contre ces actes de violence ne sont ni connues ni, respectées. En raison des capacités d’action et des connaissances limitées des familles, des communautés, il persiste dans la société comorienne des mentalités, coutumes et pratiques qui sont préjudiciables aux enfants. Face aux besoins immenses des enfants en situation de vulnérabilité, les services essentiels de prévention, de réadaptation et de réinsertion en faveur des enfants sont désorganisés et dépourvues de moyens matériels et humains. Plusieurs documents stratégiques ont été adoptés ces dernières années pour mieux protéger les enfants. Une cartographie du système de protection et une politique de protection de l’enfance ont été réalisées en 2016 mais le Gouvernement tarde à s’approprier de ces importants documents. Le nouveau code pénal qui renforce la protection de l’enfance adoptée par l’Assemblée de l’Union en 2014 n’est toujours pas promulgué par le Chef de l’Etat.
 
 
Même si le Président  de l’ Union a affirmé n’avait pas été informé de la célébration de la journée de l’enfant africain a Mohéli, il aurait dû s’approprier de cet évènement continental pour honorer l’enfant comorien en ce jour de la célébration de la journée de l’enfant africain,instituée en 1991, par l’Assemblée des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation de l’Unité Africaine, en mémoire au soulèvement étudiant du 16 juin 1976 à Soweto, en Afrique du Sud.  Le candidat Azali, en présence de l’actuel Vice-président en charge de l’économie, ancien Juge des enfants, Djaffar Ahmed avait pris l’engagement à l’ancien Représentant de l’UNICEF, Pierre Ngom de faire de la protection de l’enfant l’une de ses priorités. En effet, après la publication par la Cour constitutionnelle de l’Union des Comores, le 5 mars 2016, des résultats définitifs de la primaire de l’élection présidentielle du 21 février 2016, durant la semaine du 7 au 11 Mars 2016, l’ ancien Représentant de l’UNICEF aux Comores, , avait  rencontré les trois candidats admis à l’unique tour de l’élection présidentielle du 10 avril 2016, pour les sensibiliser sur les enjeux des droits de l’enfant en Union des Comores.  Au cours de ces rencontres, il avait insisté sur l’importance pour les candidats, de tenir compte dans leurs programmes respectifs, des problèmes qui touchent les enfants comoriens. En réponse, les 3 candidats y compris le Candidat Azali Assoumani, avaient réitéré leur volonté de veiller au respect des droits de l’enfant aux Comores s’ils sont élus. Ils lui avaient assuré, de l’intégration des thématiques de l’enfance dans leurs programmes. Mais, ça c’était avant.

Comores droit 

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