Les rebelles syriens renforcent leur emprise dans le Nord et l’Est

Un civil dans la base 46 à proximité d'Alep, le 21 novembre.

Les rebelles syriens se sont emparés jeudi de la ville de Mayadine, dans la province de Deir Ezzor, prenant ainsi le contrôle d’une importante zone le long de la frontière avec l’Irak, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Au terme d’un siège de trois semaines et d’un assaut durant lequel au moins six soldats ont été tués, les insurgés se sont emparés jeudi d’un camp militaire proche de Mayadine, selon l’OSDH.

« Selon les premières informations, les soldats se seraient retirés dans une base de l’armée à plus de 80 km de Mayadine », poursuit l’ONG, qui s’appuie sur un important réseau de militants et de médecins à travers la Syrie. La ville est ensuite tombée entre les mains des insurgés.

La rébellion tient aussi une grande partie du nord de la Syrie, notamment dans les provinces d’Alep et d’Idlib, le long de la frontière turque. La région de Deir Ezzor renferme les plus importantes réserves en hydrocarbures de la Syrie et les rebelles y avaient déjà pris un champ pétrolier début novembre.

PERTE D’UNE GARNISON STRATÉGIQUE SUR LA ROUTE D’ALEP

Ailleurs dans le pays, les bombardements ont repris sur les provinces d’Alep et d’Idlib, dans le nord-ouest du pays, où l’armée a récemment perdu une importante base, la base 46, garnison stratégique sur la route d’Alep, la grande métropole du nord syrien. L’armée est parvenue mercredi à chasser les rebelles d’une autre place-forte militaire, celle de Cheikh Souleimane.

Pour la rébellion, la prise de la base 46 est une « victoire majeure », sans doute « la plus grande depuis le début » de la révolte en mars 2011, selon le général Ahmad Al-Faj, qui dirigeait le siège. La chute de la base 46 marque la « libération » quasi-complète d’une grande partie de la province d’Idlib. L’autoroute allant de la frontière turque jusqu’à Alep est maintenant totalement libre.

Pour l’armée, la chute de la base 46 signifie aussi la perte de nombreux matériels. Le gros de ces armes et des munitions a été presque immédiatement emporté par les unités ayant pris part à l’assaut, membres de l’Armée syrienne libre (ASL), mais également par les islamistes du Harakat Fajr Al-Islam. Une dizaine de chars T-72 de fabrication soviétique, des mortiers, des batteries de lance-roquettes et des canons d’artillerie lourde ont été ainsi ramenés à une trentaine de kilomètres de là, vers le poste-frontière avec la Turquie de Bab Al-Hawa, où sont stationnés plusieurs de ces katibas (bataillons) de l’ASL.

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