Les "super-riches" divisés sur le "fiscal cliff"

REUTERS/Chip East

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Il se disait que Barack Obama ne souhaitait pas mêler Wall Street aux négociations sur le fiscal cliff, ce « mur budgétaire » qui menace les Américains de fortes hausses d’impôts et de coupes dans les dépenses publiques à la fin de l’année. Pourtant,  la Maison Blanche a fait savoir dimanche que le président avait parlé à Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase et Warren Buffett, très respecté président du fonds d’investissement Berkshire Hathaway.

Même si les grands établissements de Wall Street ont majoritairement fait campagne pour le candidat républicain finalement défait, Mitt Romney, un nombre surprenant de patrons de banques et de fonds se prononçaient dès avant l’élection pour une remise à plat de la fiscalité et surtout pour une hausse du taux d’imposition pour les hauts revenus, qui passerait de 35 % à 39,5 %, selon le programme de campagne d’Obama.

Warren Buffett est à la pointe du mouvement depuis août 2011, et la publication de sa désormais célèbre tribune « Arrêtez de câliner les super-riches » publiée dans le New York Times. Jamie Dimon n’est pas en reste, qui lui non plus ne pense pas qu’un relèvement du taux marginal d’imposition pénalisera l’économie américaine. Seule condition posée par ces poids lourds de la finance : que cette hausse de la pression fiscale s’accompagne d’un plan détaillé pour résorber la dette américaine (16 000 milliards de dollars en fin d’année).

Il y a urgence à remettre à plat le barème de l’impôt américain : une étude du Congressional Budget Office (non partisan) publiée le 15 novembre et citée par l’économiste Greg Mankiw montre que le taux marginal d’imposition effectif des faibles et moyens revenus est de 30 % actuellement. En 2014, si rien n’est fait pour empêcher la fin de certains dispositifs et si la législation sur le financement de la santé ne change pas, ce taux grimpera à 35 %. C’est à dire autant que le taux maximum d’imposition actuel d’un foyer américain. Une aberration économique.

Du côté des « autres » riches, ceux qui craignent plus qu’autre chose une perte de revenus liée aux négociations sur la dette et à la hausse des impôts, l’heure est à l’optimisation fiscale.

Le New York Times rapporte mardi que la famille Walton, fondatrice de Walmart, devrait économiser 180 millions de dollars d’impôts en choisissant d’avancer le versement des dividendes de janvier à décembre, pour que les investisseurs puissent les compter dans l’année fiscale 2012.  La taxation des dividendes est en effet dans la ligne de mire du gouvernement Obama : son taux pourrait doubler l’année prochaine.

Audrey Fournier

 

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