L’hécatombe continue au large de Mayotte

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Alors que la question de l’ile de Mayotte ne fait pas partie des priorités des candidats à l’élection présidentielle et à l’ élection des Gouverneurs des iles autonomes des mois de février et avril 2016, l’hécatombe continue au large de Mayotte dans l’ indifférence générale. Trois corps ont été repêchés ce mercredi 3 février 2016 sur les plages de l’îlot Mtsamboro au nord de l’ile de Mayotte.  Les recherches ont été interrompues par la nuit et les mauvaises conditions météo. Les conditions météorologiques très difficiles de ces derniers jours dans l’ ensemble de l’archipel des Comores, sont probablement à l’origine de ce nouveau drame qui a sûrement fait des dizaines de morts et de disparus.  Encore une fois, le gouvernement comorien et la communauté internationale gardent un silence sidérant, assourdissant et révoltant face à cette tragédie qui décime une partie de la population comorienne.

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Cette hécatombe prend de plus en plus d’ampleur ces derniers mois. Au mois d’octobre dernier l‘image avait choqué plus d’un. C’ était l’image du corps d’ un enfant mort noyé au large de la ville de Domoni, enroulé  dans un linceul blanc et porté par un homme qui semblait porter sur ces épaules tous les malheurs des Comores. L’accident du 30 octobre qui a vu la mort de cet enfant,  avait fait plus d’une dizaine de morts.

Dans la nuit du 27 au 28 septembre 2015, au large de Mayotte, un kwassa Kwassa transportant plus de 31 personnes avait chaviré au large de cette île. Le bilan officiel de la préfecture de Mayotte faisait état de 3 victimes dont 2 enfants, 10 personnes rescapées et 18 personnes portées disparues. Ces morts ne découragent pas pour autant les candidats à l’émigration qui sont prêts à affronter la mort pour fuir cette misère et cette pauvreté qui sévissent dans les trois îles souveraines de l’archipel des Comores. Le pays souffre et nos dirigeants qui ne mesurent pas l’état de désespoir de la population. Dans leur quête d’une vie meilleure, cette population fuit vers Mayotte, vers l’Europe à travers l’Egypte, la Libye, la Turquie et la Grèce. Plusieurs Comoriens meurent dans l’anonymat en tentant de traverser la méditerranée et d’autres croupissent dans des prisons notamment égyptiennes. 

Ces morts et ce désespoir de la population et plus particulièrement de la jeunesse doivent interpeller notre conscience et surtout la conscience  de ceux qui sont au pouvoir et les différents candidats  qui veulent prendre les règnes de ce pays exsangue.

Ce énième drame ouvrira-t-il un jour les yeux des gouvernements français et comoriens sur la nécessité d’assurer la liberté de circulation des personnes et des biens dans l’archipel des Comores? Les gouvernements français et comoriens successifs portent une lourde responsabilité dans ces drames à répétition qui endeuillent régulièrement les familles françaises et comoriennes en raison de leur mauvaise foi dans les discussions qu’ils mènent depuis des décennies pour  surmonter le litige territorial qui les oppose.

La répression et la lutte contre l’immigration clandestine du gouvernement français  ne mèneront nulle part.  Elles n’arrêteront pas les départs quotidiens des kwassa-Kwassa des côtes anjouanaises vers les côtes mahoraises.   Selon les chiffres de la préfecture de Mayotte, en 2013, 476 Kwassa Kwassa avaient été  interceptés au large de l’île de Mayotte avec 11 000 personnes à leur bord. En 2014, 597 kwassa Kwassa ont été interceptés avec 12 879 personnes à leur bord. Les chiffres de l’année 2015 risquent de battre tous les records d’interception !

La liberté de circulation des biens et des personnes entre les habitants de l’archipel des Comores est la seule solution viable pour arrêter cette tragédie qui tue plusieurs centaines de personnes par an, notamment des enfants et des femmes. Cette liberté de circulation permettra surtout aux autorités compétentes de mieux contrôler les entrées et les sorties des personnes et encourager les voyageurs à emprunter des moyens de transport qui répondent aux normes de sécurité.

Comoresdroit

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