Libre circulation La FCDH dénonce un couvre-feu masqué

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Suite aux agissements des forces de l’ordre (restriction de la liberté de circuler après minuit), ces derniers temps à Moroni, la fédération comorienne des droits de l’homme hausse le ton et dénonce un couvre-feu masqué.

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Sans autorisation du ministère de l’intérieur, ni d’une quelconque autorité légale que ce soit, les gendarmes établissent un couvre-feu de fait, de leur propre chef, sur la capitale depuis maintenant une semaine. Rebiffée par ce comportement, la Fédération des droits de l’homme (Fcdh) hausse le ton et demande que la population soit informée de toute mesure concernant les droits fondamentaux.

« Ce genre de comportement est inacceptable. C’est contradictoire avec le préambule de la déclaration universelle des droits de l’homme », réagit Elarif Minihadji, membre de la fondation dont la mission principale est de veiller au respect et à l’application des principes des droits de l’homme, une charte que les Comores ont ratifiée.

A titre de rappel, les gendarmes contraignent la population à ne pas rester dehors au delà de minuit. Des fois, la mesure arbitraire est appliquée à partir de 22h30. Au quartier Asgaraly, samedi dernier, une vendeuse est contrainte de rentrer chez elle pendant que ses clients étaient en train de consommer. « Je n’avais pas encore terminé mon café quand ils m’ont forcé de quitter les lieux. J’ai tenté de les supplier et ils ont mis en évidence leurs matraques, j’ai obéi », témoigne, non sans amertume, un client.

La vendeuse aussi a été obligée de ramasser tous ses objets, les porter à bout des bras et rentrer chez elle. Jusqu’à présent, aucune explication officielle n’a été donnée alors chaque nuit, les mêmes mesures s’appliquent. « Ce n’est pas parce qu’il y a des tentions politiques qu’on doit consigner la population à rester à la maison. Que les forces de l’ordre fassent leur patrouille sans gêner personne, c’est leur boulot », enchaine M. Minihadji, qui n’est pourtant pas contre des mesures de sécurité mais demande seulement que la population soit avertie, citant l’article 13 de la déclaration universelle de droit de l’homme : toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un État.

« Que les mesures soient donc transparentes », fulmine-t-il. Il faut noter que ce couvre-feu masqué, tel que le qualifie M. Minihadji, relève vraisemblablement du bon vouloir d’un groupe d’officiers de la grande muette dont on ignore encore les vraies motivations.

Toufé Maecha / LGDC

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