Loi sur la citoyenneté économique : Une nouvelle levée de bouclier contre un projet controversé

Le député Dhoulkamal Dhoihir repart en guerre contre la loi relative à la citoyenneté économique. En sa qualité d’élu de la Nation il considère qu’il est de son devoir d’aider son pays «à prendre le chemin de la transparence économique». Selon lui, cette loi, «telle qu’elle est aujourd’hui exécutée, écorne gravement l’image du pays».
 
Adoptée en 2008 dans des circonstances rocambolesques, la loi sur la citoyenneté économique dont l’objectif est de vendre des titres d’identité à des apatrides du Koweït contre la promesse d’investissements aux Comores, n’a pas encore fini de défrayer la chronique. Cette fois, c’est le député Dhoulmakal Dhoihir qui, dans une proposition de loi qu’il vient de soumettre au secrétariat général de l’assemblée nationale, demande l’abrogation pure et simple du texte.
Cette loi du 27 novembre 2008 prévoit dans son article 1er que «l’acquisition de la citoyenneté économique par décision de l’autorité publique résulte d’une décision accordée à la demande d’une personne majeure ayant la qualité de partenaire économique du Gouvernement des Comores».
Près de dix ans après, il faut dire que de nombreuses zones d’ombres entourent la gestion du fonds issu de ce projet de citoyenneté économique pendant que la vente des passeports se poursuit encore dans des conditions plus ou moins opaques.
«En ma qualité d’élu de la nation, je me dois d’aider mon pays à prendre le chemin de la transparence économique. Cette loi, telle qu’elle est aujourd’hui exécutée, écorne gravement l’image du pays», nous a expliqué Dhoulkamal Dhoihir.
Non à la démagogie!
Selon lui, ce dossier pose un problème majeur de sécurité en ces temps troublés où les attentats terroristes et autres braquages se multiplient dans le monde. La vente effrénée et incontrôlée de passeports comoriens à des personnes sur qui l’Etat n’a aucune prise risque de se retourner contre les Comores.
Et ce, d’autant plus que ces personnes ne répondent pas le plus souvent aux critères établis par la loi. Dhoulkamal Dhoihir citera l’exemple de certains pays dont l’Egypte qui rechignent aujourd’hui à «délivrer des visas aux ressortissants comoriens difficilement identifiables».

Pour lui, il s’agit du «plus grand scandale financier que les Comores aient connu depuis leur indépendance. Près du 1/5 du budget actuel, on n’en connait pas la moindre trace. Plusieurs questions restent actuellement sans réponses. Combien de passeports ont été vendus? Où est passé l’argent? Qui sont les responsables dans cette affaire?», se demande-t-il.
Le député Dhoulkamal Dhoihir estime que l’initiative du chef de l’Etat de nouer des partenariats avec des investisseurs étrangers, pour être suivie d’effet, passe par la restauration de la crédibilité du pays à l’extérieur. 

«Nous venons juste de signer des contrats de partenariat avec l’île Maurice. La plupart de ces contrats portent sur divers secteurs dont l’économie, le tourisme, etc. Comment les partenaires peuvent-ils accorder une confiance totale à notre pays s’il ne montre pas patte blanche en levant le secret qui entoure cette affaire», se demande-t-il, avant de poursuivre : «J’espère que le chef de l’Etat nous soutiendra dans notre volonté de faire éclater la vérité sur ce scandale.
Les Comoriens en ont marre des démagogies. J’appelle donc les autres députés à me rejoindre pour que la population sache enfin ce qui s’est passé sur cette affaire.»

Abdou Moustoifa / Alwatwan 

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