L’un des coups durs de l’histoire comorienne: l’assassinat lâche et ignoble du Mongozi Ali Soilihi, le 29 mai 1978

L’un des coups durs de l’histoire postcoloniale comorienne: l’assassinat lâche et ignoble du Mongozi Ali Soilihi, le 29 mai 1978.

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Le 29 mai 1978, deux semaines après le coup d’Etat de Bob Denard, le soleil se leva au grand matin à Moroni. Soudain, une voiture de marque Datsun(marque japonaise) quitta le palais présidentiel de Mrodjou(Ntsuddjini) et traversa la ville de Moroni en klaxonnant. Dans la rue, tout le monde dansait et applaudissait la mort du « mhayini » ou criminel. En s’approchant de la voiture, on voyait un corps inanimé, allongé derrière la datsun, avec des pieds nus. Il s’agissait du corps du Mongozi wahe mapinduzi(le Guide de la Révolution), Ali Soilihi. Tout près de cette voiture, une femme, joyeuse, lança : « Ye tsi pvode, ye mlaanifu haulwawa ! »(je suis contente, la personne maudite est assassinée !). Ensuite, cette voiture
se dirigea vers Chouani, le village dont est issue la mère du Mongozi. Les habitants de ce village désertèrent les ruelles, quelques membres de la famille du Mongozi, dont sa mère, étaient présents pour accueillir le corps de leur enfant.


Aujourd’hui, cela fait trente huit ans depuis que l’ancien président Ali Soilihi est mort. Je ne suis pas solihiste, et ceux qui prétendent l’être mentent et se trompent. Ali Solihi était une forte personnalité politique très atypique et conséquente avec elle-même. Par son éloquence et sa parfaite maitrise de la rhétorique, il haranguait les foules. Son franc-parler et sa vision faisaient de lui un homme exceptionnel de son époque. Il était le seul homme politique postcolonial comorien à pouvoir démystifier, en une phrase, le pouvoir surnaturel de certains chefs religieux : « Ze kiyemba izo ngizo hule no ungo, kazina humwapizani »(ces turbans sont loin de Dieu, ils ne peuvent pas vous maudire). Il était encore le seul à pouvoir définir clairement, en quelques mots, son idéologie politique : «Haina stiklal ya rengwa ki révolution, yo kaidji uralwa ni mishindji ya shi anda na mila »(toute indépendance qui est prise sur la base d’une révolution ne peut pas se constituer sur des piliers féodaux).


Par conséquent, Ali Soilihi reste paradoxalement et incontestablement celui qui a beaucoup marqué l’imaginaire des Comoriens. Avec le recul, on constate qu’il avait raison : « Ye tareh ndo hakim »(l’histoire est le seul juge).

Ibrahim Barwane

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