L’UPDC a eu sa raclée

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L’UPDC a eu une raclée lors du double scrutin du 10 avril 2016. En depit des moyens financiers colossaux mobilisés à cette occasion, les trois candidats au deuxième tour des élections des gouverneurs des iles autonomes et le candidat à l’élection présidentielle ont été sévèrement battus selon les résultats provisoires proclamés par les Commission électorales insulaires des iles et la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) le 12, 13 et 15 avril 2016.

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Au niveau de la Grande Comore, selon les résultats provisoires de la CEII publié le 12 avril, Hassani Hamadi a obtenu 62,17% contre 37,83 % pour le candidat de la mouvance présidentielle, Hamada Moussa.

Dans l’ile de Mohéli, selon les résultats provisoires de la CEII publié le 11 avril,Mohamed Said Fazul  a obtenu 63,29% des voix contre 36,71% pour‪Mme Hadidja Aboubacar, la première dame de l’Union des Comores.

A Anjouan, les résultats provisoires de la CEII publié le 13 avril 2016, placent le Dr Salami en tête avec 50,21 % des voix contre 49,79% pour Mr Anissi Chamsiddine.

Dans le cadre de l’élection présidentielle de l’Union, la CENI a finalement publié ce vendredi 15 avril 2015, les résultats qui placent le candidat en tête  Azali Assoumani avec 40,96% % des voix, suivi de Mohamed Ali Soilihi qui a obtenu 39,87% %. Enfin la troisième place est occupée le Gouverneur de l’ile autonome de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Solihi. Il a obtenu 19,15 % des voix. L’écart de voix entre le premier et le second est de 2136 voix.
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Le 5 avril 2016, nous écrivions dans ce blog que «   L’UPDC appuyée par une vingtaine de partis politiques, toute l’intelligentsia comorienne et des transfuges des autres partis politiques risquede prendre une bonne racléece 10 avril 2016 avec la possible défaite de se trois candidats aux élections des gouverneurs des iles autonomes et de son candidat à la présidence de l’Union. On parle souvent de la déconfiture du parti Juwa qui se disloque à vue d’œil, mais on parle moins de ce parti de la majorité présidentielle, l’UPDC, tiraillé par ses multiples alliances qui risquede se retrouver sans trône le soir du 10 avril 2016 ».

L’UPDC a bien eu sa raclée et à travers cette raclée, c’est le régime qui a été sévèrement sanctionné par la population. En dépit des moyens colossaux mobilises par le pouvoir qui a vidé les caisses de l’ Etat pour sa campagne «  a l’ américaine » le pouvoir a une bonne leçon démocratique et le Chef de l’ Etat actuel, Ikililou Dhoinine, risque de subir le même que son probable successeur : une sortie sous les huées de la population. Ikililou paie pour son arrogance, mon mépris et surtout sa rupture avec celui qui l’a fait roi, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Ce dernier est parti le chercher en 2005 à  Mohéli pour le convaincre de devenir son vice President. En 2010, il a été désigné par Sambi pour « rassurer le relais ». Un choix fait en violation flagrante de la loi électorale qui disposait que « aucun candidat à l’élection présidentielle ne peut recevoir des titulaires des fonctions judiciaires, administratives, militaires ou paramilitaires de l’Union ou des Îles, aucun appui susceptible de le favoriser par rapport aux autres candidats ». On s’attendait ainsi à une gouvernance apaisée, à un suivi des dossiers légués par son prédécesseur, mais très vite, le gentil successeur qui a attendu 5 mois pour prendre ses fonctions à Beit-Salam, s’est brouillé avec son mentor et la population ébahie, a assiste à une guerre de tranchée menée par les mêmes acteurs qui gouvernent le pays depuis 2006, voire pour certains depuis 1999. Ikililou avait lancé les premières hostilités en se débarrassant dès le début de son régime des principaux ténors de son mentor. La goutte d’eau qui a débordé le vase, est la nomination en octobre 2012 de l’ancien Président par intérim en 2002, candidat malheureux aux primaires de l’élection présidentielle de novembre 2010 et ancien Secrétaire régional de la Convention pour le Renouveau des Comores (CRC), parti politique de l’ opposition qui a combattu le régime de Sambi et a même porté une plainte contre lui, au poste de Directeur de cabinet de la Présidence en charge de la défense, Hamadi Madi Bolero. Au lendemain de cette nomination, nous écrivons dans ceblog que « avec cette nomination, le relais entre l’ancien président de l’Union et son successeur risque d’être coupé (…). C’est un revirement politique qui va laisser des traces dans lavie politique de ce pays. Les comoriens ont porté au pouvoir Dr Ikililou Dhoinine par ce qu’il incarnait la continuité de l’ancien régime. En coupant progressivement le pont avec ceux qui l’ont porté au pouvoir et en s’associant avec ceux qui l’ont combattu violement dans le passé, Dr Ikililou est entrain de se tirer une balle dans le pied et d’hypothéquer le crédit qu’il jouissait auprès de la population. Les chefs de l’Etat comoriens qui ont adopté des revirements politiques dans le passé au cours de leurs mandats, ont payé cher de cette absence de loyauté vis-à-vis de leur famille politique ». 

Trois ans et demi après, cette analyse se vérifie, Ikililou s’était bien tiré une balle dans le pays en octobre 2012 et il va quitter le pouvoir par la petite porte en laissant derrière lui un pays sinistré, des amis politiques qui risquent gros avec le nouveau régime et une première dame humiliée dans son ile natale.

Comoresdroit

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