Lutte contre la pêche illégale : huit ministres des Pêches attendus à Madagascar

Antananarivo, le 30 juin 2017 – Madagascar accueillera du 18 au 21 juillet prochain la deuxième conférence des ministres des pêches des Etats du Sud-Ouest de l’océan Indien. Cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre du Plan régional de surveillance des pêches (PRSP) mis en œuvre par la Commission de l’océan Indien (COI) grâce à l’implication des huit Etats participants et à la contribution de l’Union européenne (UE), sera l’occasion de présenter les réussites de ce mécanisme régional de coopération contre la pêche illégale et de réitérer l’engagement des Etats à poursuivre leurs efforts collectifs. 

« Nous sommes ravis d’accueillir cette seconde conférence des ministres des pêches, dix ans après la première qui s’est tenue aux Seychelles pour la création du PRSP», affirme Gilbert François, ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques de Madagascar. « Le pays a joué un rôle prépondérant dans la surveillance des pêches et a acquis une réputation d’efficacité en la matière », souligne-t-il.

Pour Hamada Madi, Secrétaire général de la COI, « le PRSP témoigne de l’utilité de la coopération, en l’occurrence dans la lutte contre la pêche illicite non reportée et non règlementée (INN) qui reste une menace pour les économies du Sud-Ouest de l’océan Indien ». Le PRSP a permis d’agir collectivement pour améliorer la surveillance « de quelque 6,4 millions de km2 de zones économiques exclusives ». « Ce mécanisme est ainsi devenu une composante majeure du partenariat COI-UE pour la préservation des ressources halieutiques, particulièrement thonières », ajoute-t-il.  

Selon la FAO, environ 20% des captures totales des thonidés dans le Sud-Ouest de l’océan Indien proviennent de la pêche INN, ce qui représente 400 millions de dollars à la première vente soit un milliard de dollars en termes de valeur ajoutée annuellement. C’est un manque à gagner considérable pour les économies de la région. Conscients de cet enjeu économique mais aussi écologique et sécuritaire, les ministres des Pêches des huit Etats participants signeront, à l’issue de la conférence, une déclaration commune visant à renforcer ce mécanisme régional de lutte contre la pêche INN. 

Au préalable, près d’une centaine d’experts nationaux et internationaux vont dresser le bilan des activités et des progrès réalisés par le PRSP sur le plan juridique, technique et humain. Ils travailleront également à l’élaboration d’un système de financement durable. Preuve de l’intérêt suscité par le PRSP, des représentants de l’Afrique du Sud, de la Somalie et des Maldives participeront également aux travaux de la conférence. 

 « Nous avons aujourd’hui tous les critères pour devenir un centre d’excellence pour la région », relève Sunil Sweenarain, coordinateur du programme SmartFish de la COI financé par l’UE. « Cette mutualisation des efforts dans le cadre du PRSP, qui constitue un volet majeur des activités du programme SmartFish, contribue significativement à stimuler la dynamique économique régionale dans le secteur de la pêche », poursuit-il. 

Le Plan régional de surveillance des pêches qui est mis en œuvre depuis dix ans par les cinq Etats membres de la COI – Union des Comores, France/Réunion, Madagascar, Maurice et Seychelles – s’est élargi, depuis 2014, à trois Etats côtiers du continent, à savoir le Kenya, le Mozambique et la Tanzanie. Le PRSP, avec le concours financier de l’UE, a pour objectif de réunir les moyens humains, maritimes et aériens des huit Etats participants pour planifier, coordonner et conduire des missions de patrouille conjointes en mer. Il vise également à fluidifier l’échange d’informations concernant les activités de pêche dans la région et à renforcer la capacité des pays à répondre aux mesures internationales de lutte contre la pêche INN.  
Le PRSP est mis en œuvre par la Commission de l’océan Indien depuis 2007, d’abord sur fonds de la Direction générale des Affaires maritimes de l’UE, puis, à partir de 2014 grâce aux ressources du Fonds européens de développement mobilisées à travers le programme SmartFish. Depuis 2015, la composante régionale du projet SWIOFish1, mise en œuvre par la Commission de l’océan Indien, apporte son soutien technique et financier aux activités du PRSP sur les fonds de la Banque mondiale. Véritable mécanisme de coopération, les Etats participants s’engagent matériellement, financièrement et humainement dans le PRSP. 
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Note pour les éditeurs : 

La contribution de Madagascar au PRSP
Madagascar a participé au PRSP par l’intermédiaire du Centre de surveillance des pêches (CSP). Le CSP a mis à disposition du PRSP les moyens physiques et humains suivants :

Le navire Atsantsa a effectué 397 jours de patrouille en mer depuis 2007 jusqu’à ce jour et actuellement il est le seul navire utilisé par le PRSP dans la région

Le navire Tendromaso a effectué 265 jours de  patrouille en mer

Le navire Telonify a contribué au PRSP avec 6 jours de patrouille en mer
Au total, Madagascar a directement contribué, par la mise à disposition de ses navires de surveillance et la mobilisation de ses inspecteurs, à plus de la moitié du nombre total de jours de patrouille en mer du PRSP.

Norosoa Alice RASOLONJATOVO, Directeur de la Communication et de l’Information Ministère des Ressources halieutiques et de la Pêche Ampandrianomby 101. Antananarivo Madagascar

1 commentaire sur Lutte contre la pêche illégale : huit ministres des Pêches attendus à Madagascar

  1. Avant de parler de pêche illégale, il me semble que vous devriez cesser d’accepter
    de brader vos eaux territoriales contre des dollars, des étrangers pêchent dans vos
    eaux contre de l’argent et cet argent où va t il?. Au peuple ? . Surement pas.
    Arrêtez de brader nos eaux aux étrangers qui vident nos mers. Une honte!!!

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