Lycée d’excellence de Ngazidja : rien n’est vraiment gagné

Au ministère de l’Education nationale, resté discret jusqu’ici sur le démarrage, cette année, de ce projet, une source anonyme concède que les conditions n’étaient pas encore réunies pour l’ouverture de ce lycée. A en juger par les polémiques à rebondissements autour de l’établissement, beaucoup sont tentés de le croire. On se souvient, à ce propos, que quelques jours seulement après l’ouverture de ce lycée que l’on veut d’excellence, des élèves avaient jeté l’éponge, préférant retourner dans leurs anciens établissements.

Par Abdallah Mzembaba    

Depuis son ouverture à Ntsudjini, le vendredi 6 janvier, le «Lycée d’excellence» de Ngazidja ne cesse d’alimenter la chronique à cause, notamment, des nombreux problèmes que rencontrent les élèves. Dernier en date, la bourse d’étude. Les cinquante quatre élèves de l’établissement ont, en effet, perçu mercredi cette bourse… amputée de 20 000 francs. Ibrahima Hamadi Sidi, secrétaire général du commissariat à l’Education, affirme aujourd’hui qu’il n’y a pas lieu de polémiquer. «Certes, nous avions promis 50.000 fc, mais il était question pour les élèves de prendre en charge la restauration, le transport et le logement. Etant donné que nous assumons la restauration et le transport, il est normal de soustraire 20.000 francs». Est-ce à dire que si l’internat était opérationnel, cette bourse n’existerait pas? Notre interlocuteur répond par l’affirmative. 
Des propos qui tranchent avec ce qui a été annoncé en fanfare par le gouverneur de l’île. Dans son discours du 6 janvier, Hassani Hamadi déclarait devant les élèves et leurs parents, ainsi qu’un parterre d’invités: «nous avons des bourses de 50.000 francs que nous comptons offrir à ces élèves». En aucun moment, les techniciens du commissariat à l’Education ou les responsables politiques de Ngazidja n’avaient soumis cette bourse à une quelconque condition.
 
Précipitation, amateurisme, problèmes à foison

Alors pourquoi ce revirement? Au commissariat, on reconnait des difficultés financières qui empêchent, par exemple, l’existence d’un internat cette année. Au ministère de l’Education nationale, resté discret jusqu’ici sur le sujet, une source anonyme concède que les conditions n’étaient pas encore réunies pour l’ouverture de ce lycée. A en juger par les polémiques autour de l’établissement, on serait bien tenté de le croire. On se souvient des contestations des élus de Ngazidja. Premier secrétaire du bureau du Conseil de l’île, Omar Hamidou, n’avait pas hésité, dans notre édition du 19 janvier, à qualifier de «gestion hasardeuse» ce projet. Pour lui, «la création de ce lycée n’a pas suivi les procédures normales puisqu’il devait y avoir une délibération du conseil et une rectification du budget. Ce projet demeure donc l’exemple type du non respect par le gouverneur des textes en vigueur. Il gère les affaires de l’île comme s’il s’agissait d’une société privée. On ne se lève pas du jour au lendemain en lançant un tel projet sans associer le conseil de l’ile».

De son côté, Ibrahima Hamadi Sidi explique que si «nous facturions le transport en plus de la restauration, les élèves ne percevraient que 21.000 francs. Nous nous sommes contentés de facturer la restauration uniquement». En tout état de cause, la réalité est à mille lieues du rêve vendu aux élèves. On se souvient que quelques jours seulement après l’ouverture de ce lycée que l’on veut d’excellence, des élèves avaient jeté l’éponge, préférant retourner dans leurs anciens établissements. Au sujet de la prime que réclament les enseignants, le secrétaire général affirme qu’une proposition de paiement a déjà été soumise au Trésor de l’île. Elle consisterait à leur verser la somme de 2.500 francs par cours. Assez pour désamorcer la grogne de ces enseignants? L’avenir nous le dira.

Alwatwan 

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